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Le numéro 3 du secteur arrête ses activités en France

2000 livreurs à vélo sur la paille avec la chute de Foodora

Ils ont beau être « auto-entrepreneurs », ce n’est rien d’autre que 2000 licenciements qui vont avoir lieu dans les prochaines semaines, avec la chute de la plateforme de livraison à vélo Foodora, qui était pourtant une des plateformes les plus protectrices pour les livreurs.

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Crédits photos :Foodora - TOBIAS SCHWARZ / AFP

L’entreprise Foodora, troisième sur le marché, jette l’éponge en France. Malgré une hausse de 60 % de ses revenus au premier trimestre 2018, atteignant 357 millions d’euros dans le monde, et une introduction en bourse en juin 2017 qui lui a permis de lever un milliard d’euros, la France n’était pour l’entreprise pas « assez rentable ». La concurrence entre les trois entreprises leaders du marché, UberEats, Deliveroo et Foodora, aura eu raison de cette dernière, par une concurrence qui marche surtout sur le dos des livreurs. « Depuis un mois, il y a des retards sur le paiement des salaires, on s’y attendait  », témoigne Steven, militant du CLAP (Collectif de défense des droits des Livreurs Autoentrepreneurs), qui résume la situation : « (ce ne sont pas des gros marchés, c’est logique qu’il y ait une concentration des acteurs, d’autant plus que ceux-ci s’arrangent entre eux sur les prix  ». Car quels que soient les changements, les livreurs à vélo sont toujours les perdants.

Avec la chute de Foodora, ce sont près de 2000 livreurs qui se retrouveront sans employeurs, ainsi que 60 employés. Ces livreurs, de fait au chômage, seront obligés de se tourner vers les autres plateformes, augmentant ainsi la concurrence pour l’obtention des « shifts » (c’est à dire des heures de service), augurant une baisse des rémunérations à court terme. C’est ce que craint Steven, qui assure que « il va y avoir un afflux de livreurs [vers les autres plateformes], ce qui va augmenter la flotte, et diminuer le nombre de commandes, et donc diminuer les rémunérations des livreurs ».

La plateforme était par ailleurs une des plus « protectrices » pour les livreurs, en assurant notamment un revenu garanti par heure de service, à la hauteur de 7,5€, plus des suppléments pour les livraisons, quand chez UberEats ou Deliveroo, les coursiers sont payés à la livraison. Quoiqu’il en soit, dans une semaine ou deux, ce seront 2000 livreurs qui se retrouveront sans emploi, d’autant plus que l’inquiétude commence à monter concernant les rémunérations de ceux-ci. En effet, lors de l’écroulement de l’entreprise concurrente Take Eat Easy, de nombreux livreurs n’avaient pas été payés, l’entreprise laissant une grosse ardoise. C’est pourquoi certains livreurs de Foodora ont d’ores et déjà arrêté de livrer pour l’entreprise, craignant, face au manque de communication de l’entreprise, que l’histoire ne se répète. Alors que tous les livreurs ont appris la nouvelle dans la presse, ils sont aussi inquiets sur le matériel sous caution qu’ils sont obligés d’acheter à l’entrée dans l’entreprise : le sac et la veste coûtent autour de 150€, et les livreurs sont pour l’instant sans réponse concernant la restitution de leur caution.


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Arthur Nicola

Journaliste pour Révolution Permanente.
Suivi des grèves, des luttes contre les licenciements et les plans sociaux et des occupations d’usine.
Twitter : @ArthurNicola_

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