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Monde

« Expropriate Deutsche Wohnen & Co. »

Allemagne : les habitants de Berlin votent pour l’expropriation des grands promoteurs immobiliers !

Ce dimanche, les berlinois se sont prononcés par référendum en faveur de l’expropriation des grands promoteurs immobiliers qui détiennent plus de 3000 logements chacun. Une réponse à l’énorme augmentation des loyers que le gouvernement a immédiatement rejetée.

lundi 27 septembre

Source photo : AFP / Odd ANDERSEN

Ce dimanche, les berlinois se sont rendus dans les bureaux de vote à l’occasion des premières élections du Parlement Fédéral Allemand, pour le renouvellement du Parlement Régional, mais également pour participer au référendum d’initiative citoyenne concernant l’expropriation des grands promoteurs immobiliers.

Face à ces grands groupes qui possèdent plus de 3000 logements chacun et donc près de 250.000 logements, les résultats du référendum expriment la colère profonde quant à la question du logement dans la ville : 56,4 % des électeurs de Berlin, ce qui représente près de 2,5 millions de berlinois, ont voté pour l’expropriation de ces grands groupes, contre 39,0 % contre. Un résultat majoritaire qui pèse dans la situation politique, la question du logement était au cœur des dernières élections, mais qui n’est pas juridiquement contraignant pour le Sénat de Berlin – l’organe exécutif local.

L’organisation du référendum, issu de l’initiative lancée en 2018 « Expropriate Deutsche Wohnen & Co. » qui a réussi à regrouper quelques 364 000 signatures, est une expression de la colère qui s’exprime depuis maintenant plusieurs années dans les rues de Berlin. En effet, déjà en 2018, des manifestations regroupaient près de 25 000 manifestants contre la hausse des prix du logement, et en parallèle des prix des loyers, ces mouvements n’ont eux aussi pas cesser de croître. D’autant plus que l’année dernière une décision de justice annulait la limitation des loyers à Berlin, alors même que la pandémie était venue accroître la précarité de la population, renforçant la colère.

La crise du logement à Berlin n’est effectivement pas nouvelle : entre 2007 et 2019, les loyers ont augmenté en moyenne de 85 %, en raison de spéculations immobilières qui entraînent une augmentation des prix supérieurs à l’inflation, alors même que 80 % des habitants sont locataires. Une situation bien connue du gouvernement et du reste de la classe politique.

Or, le gouvernement a rejeté le référendum. Ce choix exprime évidemment la pression qu’exercent les grands groupes immobiliers qui dénoncent sans surprise ce vote, à l’image de Roman Heidrich, directeur de l’évaluation résidentielle à l’agence immobilière JLL Allemagne, qui expliquait que « ce n’est pas un bon signal pour l’Allemagne en tant que lieu d’investissement ».

Pourtant, si les résultats du référendum sont historiques, c’est parce qu’ils expriment la radicalité existant chez la population berlinoise, qui face à la crise du logement et à l’accroissement de la précarité, exprime la volonté de faire payer les grands groupes qui eux, génèrent toujours plus de profits. Le rejet pur et simple par le gouvernement du résultat du référendum prouve que le combat pour l’expropriation des grands promoteurs allemands ne passera pas par les urnes, mais par une lutte dans la rue, à l’image des mobilisations de ces dernières années qu’ils doivent continuer de s’amplifier.




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