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Notre classe

Gaspillage alimentaire

CHU de Bordeaux. En cuisine, 250kg de nourriture gaspillée chaque semaine, la direction cautionne !

Alors que la direction demande aux travailleurs de faire de plus en plus d'économies, des tonnes d'aliments sont gaspillées dans les cuisines du CHU de Bordeaux. Malgré les demandes des agents et l'interpellation des syndicats, la direction reste muette face à cet énorme gaspillage alimentaire.

jeudi 21 avril

Photo : Préparation des repas - cuisines du CHU de Saint-Etienne

Les syndicats et les agents des cuisines du CHU de Bordeaux se mobilisent contre le gaspillage alimentaire. Malgré eux, ils détruisent ou jettent, contraints par la direction, les retours de nourriture qu’ils ont eux-même préparé. Malgré plusieurs demandes des agents, leur direction préfère jeter au lieu d’en faire don à la population.

Depuis des mois, les organisations syndicales alertent les responsables des cuisines, la direction, ainsi que l’ARS sur cette problématique récurrente et scandaleuse, et ce sans réponse concrète de leur part, mises à part des réponses évasives sans réelle solution apportée. Pourtant une association vient récupérer le surplus de nourriture au self de Magellan, juste à coté des cuisines.

Les travailleurs et le reste du personnel ont du mal à accepter ce gaspillage d’autant plus dans cette période où l’une des principales préoccupations de la population est le pouvoir d’achat. La covid a mis en lumière la grande précarité des familles, mais aussi des étudiants. La CGT Blanchisserie a participé à un don alimentaire pour des étudiants en partenariat avec le collectif étudiant Le Poing Levé, anciennement Onzième Thèse, qui se sont auto-organisés pour distribuer des denrées aux étudiants précarisés par la crise sanitaire. Ainsi ce n’est pas moins d’une centaine d’étudiants qui sont venus récupérer des paniers repas alors qu’ils étaient laissés à l’abandon par la direction de l’université et le gouvernement.

Plus en général, les associations de distributions alimentaires ont vu les demandes augmenter exponentiellement au plus haut de la crise covid. Cela continue actuellement avec l’inflation et la baisse du pouvoir d’achat des ménages. Et malgré cela, le CHU de Bordeaux se permet de détruire ou de jeter le surplus de production de nourriture en cuisine, qui constituent 250 kilos détruits par semaine selon les agents. Tout cela dans une ambiance délétère au sein de ce service avec un gros manque d’effectif et un personnel en grande souffrance, ce que la direction minimise.

Trop souvent on entend que les hôpitaux doivent faire des économies au détriment des salaires des travailleurs et travailleuses mais cela n’est qu’une façade. L’exemple de la gestion des cuisines est parlant : plusieurs machines sont peu, voire n’ont jamais été utilisées. Le CHU préfère acheter des laitages à un fournisseur privé plutôt que d’utiliser la machine à laitage qui dort dans les cuisines depuis des années, et ce au détriment des patients. Les laitages achetés ne suivent pas les régimes alimentaires de certains patients, ce qui est pourtant le cas de la machine non utilisée. Deux autres machines à préparer des potages ou du granité dorment elles-aussi depuis des mois dans les réserves.

Nous pensons que le gaspillage de nourriture peut et doit être évité. Pour cela il suffirait de faire une redistribution des aliments envers les personnes en grande précarité, les familles et les habitants pauvres, personnes sans abris ou vivant dans des logements insalubres qui se comptent par milliers à Bordeaux, ainsi que les étudiants précaires. Les travailleurs des services de cuisine pourraient, en lien avec la population appauvrie, gérer la distribution par eux-mêmes. Cette alliance entre les travailleurs et les secteurs précaires de la ville serait un exemple de solidarité et de collaboration mutuelle entre travailleurs et l’ensemble de la population, au service de toutes et tous.



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