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Racisme et violences d’Etat

Offensive xénophobe

Lyon : Darmanin expulse un homme étranger "mis hors de cause" et applique le programme du RN

Depuis ce week-end, Darmanin surfe sur la polémique suscitée par les images de trois policiers frappés à Lyon la semaine dernière pour lancer une campagne raciste. L’objectif : préparer les esprits à de nouvelles mesures anti-étrangers, destinées à attiser la xénophobie et à draguer la droite et l’extrême-droite.

lundi 25 juillet

crédit photo : PASCAL POCHARD-CASABIANCA / AFP

Depuis ce week-end, l’attaque de policiers à Lyon fait la une des médias. Le 21 juillet dernier, dans le quartier de la Guillotière à proximité de la place Gabriel-Péri, trois policiers ont en effet été attaqués frappés alors qu’ils procédaient à une interpellation. La vidéo des événements a immédiatement été reprise par les médias.

Il n’en fallait pas moins pour que le ministre de l’Intérieur lance une nouvelle campagne raciste. Après qu’un premier suspect étranger ait été interpellé à Lyon, Darmanin a en effet réclamé dimanche la « double peine » à son encontre. Sur Twitter, le ministre de l’Intérieur a ainsi expliqué : « un des délinquants est étranger, il a été interpellé. Sur mon instruction, il a été placé en rétention et sera expulsé. Les délinquants étrangers n’ont pas leur place en France ».

Alors que le parquet de Lyon a finalement mis totalement hors de cause l’homme étranger interpellé, ce dernier n’est cependant pas revenu sur ses propos et a même surenchéri, affirmant dans un tweet qu’« en lien avec les événements ou non […] cet individu n’a rien à faire dans notre pays ». Une Obligation de Quitter le Territoire Français (OQTF) serait en effet en cours contre le jeune homme étranger de 26 ans, qui est passé de la garde à vue le samedi au centre de rétention administrative le dimanche, et Darmanin entend profiter de son arrestation pour la faire exécuter.

Et pour cause : l’affaire survient alors que Darmanin a annoncé au début du mois vouloir mettre en place une mesure xénophobe, plébiscitée par Marine Le Pen, visant à faciliter l’expulsion des étrangers ayant commis des « délits graves ». Pour le ministre de l’Intérieur, ce fait divers apparaît donc comme du pain béni pour défendre sa politique xénophobe qui, sous couvert de « lutte contre la délinquance », entend faire des étrangers des ennemis intérieurs dont il s’agit d’attaquer encore un peu plus les droits déjà limités. Darmanin n’en est d’ailleurs pas à son coup d’essai en ce sens. En janvier 2021, il avait déjà fait expulser un livreur en instrumentalisant la lutte contre l’antisémitisme.

De ce point de vue, les réactions des écologistes qui reprochent à Darmanin « d’expulser un « délinquant étranger » sans attendre le résultat des investigations » (Eric Piolle, EELV), ou pointent l’absence de respect de « la présomption d’innocence » tout en réclamant « des moyens supplémentaires » pour la police (Hubert Julien-Laferrière, NUPES), sont totalement adaptés à l’objectif du Ministère de l’Intérieur. En effet, la culpabilité ou l’innocence ne justifient en aucun cas les mesures racistes d’expulsion prônées par Darmanin.

L’offensive du Ministère de l’Intérieur et sa volonté de faciliter l’expulsion des étrangers prépare de façon évidente une nouvelle campagne xénophobe pour la rentrée, dans la continuité de l’offensive lancée lors du précédent mandat avec les lois Asile et immigration, Sécurité globale et Séparatisme. Face à ces mesures racistes, le mouvement ouvrier ainsi que la gauche doivent faire bloc en refusant toute loi visant à imposer un traitement différencié pour les étrangers, quel que soit le motif invoqué.

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