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Politique

Nouvelle affaire pour Abad ?

Damien Abad aurait aidé des patrons impliqués dans la tentative d’assassinat d’un syndicaliste

Après les accusations de viols à son encontre, une nouvelle affaire vient de sortir sur Damien Abad. D’après Libération, le nouveau Ministre des solidarités aurait aidé les patrons d’une usine dans l’Ain dans leurs démêlés avec la justice, après qu’ils aient commandité un assassinat contre l’un de leur salarié syndicaliste.

mardi 24 mai

Crédit photo : AFP

C’était en juin 2021. Après la découverture d’une cellule de barbouze et son démantèlement à Paris, plusieurs suspects sont interrogés par la police. L’un d’entre eux dévoile un de leurs projets : tenter d’assassiner un salarié et syndicaliste dans une usine de plastique à Izernore, dans l’Ain. Les commanditaires ? Les patrons de l’usine, Laurent et Muriel Millet, frères et sœurs héritiers de l’entreprise qui craignait que l’activité de ce militant syndical combatif ne s’étende dans l’entreprise familiale. Des faits reconnus par la suite par Muriel Millet elle-même.

Damien Abad alors député président du groupe LR à l’assemblée nationale et conseiller départemental, est un ami de Laurent « qu’il croise régulièrement au rugby » et sa femme. « Les entrepreneurs sont allés à un ou deux de ses meetings électoraux » d’après Libération. Mais cette histoire d’embauche de tueurs à gages pour assassiner un salarié syndicaliste n’a pas éloigné le nouveau ministre du couple, au contraire.

Libération partage des extraits de discussions entre Laurent et sa sœur, lorsqu’ils étaient mis sur écoute. Après que Abad ait souhaité « bon courage » à la femme de Laurent lors leur garde à vue, les échanges entre elle, Damien Abad, Laurent Millet et sa sœur Muriel Millet n’ont pas cessé.

« Dans l’un d’entre eux, Laurent dit à Muriel : « Demain matin il [Damien Abad] appelle la préfète pour savoir si elle a des informations… et puis suivant ce qu’elle dit il appelle le procureur. » Pour savoir, toujours selon le chef d’entreprise, s’il « va y avoir » une enquête, « qui dirige l’enquête », est-ce que ce sera « sur Paris ou Lyon ou Bourg »… « Il va essayer d’aller un peu à la pêche aux informations » et il « me tient au courant », et nous « on le tient au courant au fur et à mesure », dit-il encore à propos d’Abad. »

Par la suite, Damien Abad envoie encore un SMS, le 5 avril 2021, à la femme de son ami Laurent Millet : « J’ai vu la préfète » qui confirme qu’aucune enquête n’est en cours « dans le département ». Et si cela n’était pas suffisant, le nouveau ministre leur conseille également d’écrire à la presse : « Damien voulait aussi qu’on fasse… un article dans le Progrès… pour contrer un peu tout ce qu’ils ont dit » et « calmer le jeu ». Des propos rapportés par Laurent Millet et maintenus quelques temps plus tard devant les policiers.

Cependant, le nouveau ministre admet les avoir informés sur ce qu’il se passait, mais dément avoir interféré. « Il dit n’importe quoi » déclare-t-il à propos de son ami Laurent Millet. Il assure « Je leur ai peut-être suggéré de faire un article, c’était par rapport à leur société. Mais jamais je n’ai cherché à les protéger. » Toujours selon l’article publié dans Libération. Une défense qui laisse perplexe…

Après les graves accusations de viols à son encontre, c’est une nouvelle révélation qui vient entacher le tout nouveau "ministre des Solidarités". Une affaire révélatrice des relations entre les milieux patronaux et la classe politique bourgeoise qui n’hésite pas à rendre de chaleureux services à ses amis chefs d’entreprises. D’autant plus que cette affaire extrême qui ressemble à un fait divers tiré d’une série télévisée, révèle jusqu’où sont prêt à aller les patrons pour garantir leurs intérêts et faire taire des travailleurs gênants.

La bourgeoisie jouit déjà d’une quasi impunité sur le terrain judiciaire et juridique et peut se couvrir le mieux possible en se payant les meilleurs avocats. Mais elle peut aussi faire marcher ses contacts politiciens pour tenter de sauver sa peau lorsqu’elle est trempée dans une affaire aussi grave. Des contacts qui peuvent se retrouver au plus haut de l’appareil d’État en devenant ministre. Un système qui met au pouvoir un homme accusé de viols et lié à des patrons qui ont tenté d’assassiné un travailleur syndiqué ne peut pas être à notre service. Il est profondément temps de le changer.



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