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Cheminots en lutte

Grève des agents commerciaux à la SNCF : "Huit ans sans augmentation de salaires, c’est trop !"

Ce mercredi, les agents commerciaux SNCF en grève en Île-de-France se sont rassemblés devant le siège de Transilien à Saint-Denis. Ils s'opposent à un projet de réorganisation imposé par la direction pour supprimer des emplois et casser leurs conditions de travail, et revendiquent la hausse des salaires face à la vie chère. Un premier jour de grève qui doit servir de point d'appui pour la suite !

jeudi 2 décembre 2021

Ce mercredi, devant le siège de Transilien à Saint-Denis, des agents commerciaux SNCF de toute l’Île-de-France sont venus exprimer leur mécontentement et afficher leur détermination pour se battre contre un projet de réorganisation que cherche à leur imposer la direction. Un projet qui prévoit notamment des suppressions de postes, des attaques contre les salaires, et la démultiplication des tâches pour les agents qui devront, dès lors, supporter plusieurs casquettes. Une attaque à l’image des multiples offensives du patronat contre le monde du travail qui a profité de la crise du COVID-19 pour justifier ce type de projet qui n’a pour seul but que l’augmentation des profits des patrons.

Pour remettre en contexte, Anthony, agent commercial à la Gare du Nord, nous expliquait déjà le 15 novembre dernier que : « La direction veut qu’on soit multitâches, qu’en plus de la vente on fasse de la gestion de site. Faire plusieurs gares en une journée en faisant simplement des passages pour veiller au bon fonctionnement des appareils de vente et informations s’assurer que les équipements de la gare fonctionnent, qu’aucune dégradation n’est visible, et qu’on fasse de la « Lutte Anti Fraude » de manière accrue en enfilant une veste de contrôleur et en distribuant des contraventions, comme les contrôleurs sans avoir les même rémunérations, ni les mêmes acquis. On nous demande donc de mettre l’accent sur la « mobilité », la polyvalence et les multi-compétences. »

Ainsi, dans un contexte où les prix des denrées alimentaires, des produits de premières nécessités, du carburant et de l’énergie augmentent en flèche, cette attaque constituent en quelque sorte la goutte de trop pour ces travailleurs qui n’ont pas vu leur salaire augmenter depuis plus de 8 ans, c’est en ce sens que les grévistes se sont rassemblés aujourd’hui pour marquer le coup, et avertir la direction des futurs actions qui sont déjà en cours de préparation, comme nous l’expliquait à notre micro Anthony, que nous avons interviewé à nouveau lors du rassemblement mercredi.

De plus, l’une des autres conséquences de cette réorganisation, qui sera appliquée de manière échelonnée aux différents secteurs de l’Île-de-France, est en quelque sorte la « déshumanisation » des gares, c’est-à-dire que les salariés qui travaillent déjà en effectif réduit le seront encore plus et seront amenés à couvrir des secteurs de plus en plus large lors de leur journée de travail. Une conséquence de cette réorganisation qui impactera également les usagers, comme nous l’expliquait Eric, agent commercial et militant SUD-Rail.

Par ailleurs, lors du rassemblement, étaient présent des cheminots venus de d’autres secteurs de la SNCF afin d’apporter leur soutien aux commerciaux en grève. Clément, cheminot-technicien et délégué syndical au Technicentre SNCF de Châtillon, également en lutte pour les salaires et les conditions de travail, insistait sur ce point : « Peu importe le métier ou l’entreprise de transport, on remarque qu’il y a ces réorganisations, ce manque à gagner de salaires, le coût de la vie qui augmente magistralement ».

Anasse Kazib, cheminot et candidat la présidentielle, était également présent au rassemblement, lors duquel il est intervenu pour exprimer son soutien aux grévistes, une occasion pour lui aussi de rappeler également le rôle essentiel de ces travailleurs qui ont été en premières lignes durant la crise du COVID-19 et qui n’ont vu que le coût de la vie augmenter, les poches de leur patron se remplir et faire des bénéfices record, tandis que leurs conditions de vie, elles, se sont continuellement dégradées.

Pour finir, comme l’exprimait Anasse dans son intervention, il y a une nécessité pour ces travailleurs en lutte de donner une suite à cette journée de grève pour espérer conquérir de nouveaux acquis. Dans un contexte où les luttes pour les salaires et les conditions de travail se multiplient à la SNCF et ailleurs, comme à Decathlon ou Leroy Merlin, il s’agit d’exiger des directions syndicales un plan de bataille à la hauteur, en dépassant les étiquettes syndicales et les divisions corporatostes. Car, « la division rend service au patron. On doit construire un plan de bataille ensemble, c’est dans l’unité qu’on pourra gagner. »




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