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Monde

Une vidéo clandestine révèle le scandale

Hongrie. Des migrants traités pire que des chiens

C'est l'énième scandale qui secoue la Hongrie. Une bénévole autrichienne, scandalisée par les conditions d'« accueil » à Roszke, le plus grand camp de transit du pays, a publié sur Youtube une vidéo pour dénoncer la « distribution » de nourriture aux réfugiés. « C'était comme de nourrir des animaux enfermés dans un enclos », a déclaré Klaus Kufner, un collègue de la bénévole ayant publié la vidéo. Sur l'extrait (ci-dessous), nous pouvons voir la police, équipée de masques hygiéniques, balancer des denrées à la foule, parquée dans une cage, et visiblement affamée. Karel Venuvitch

lundi 14 septembre 2015

Alors que la vidéo de la journaliste hongroise agressant des réfugiés avait déjà scandalisé la toile, c’est un nouvel extrait publié sur Youtube qui lève le voile sur les conditions de vie dans les camps de migrants en Hongrie. Orban, le premier ministre hongrois, poursuit sa politique xénophobe en criminalisant les migrants et en hermétisant jour après jour le mur séparant la Hongrie de son voisin serbe. Abandonnées, bloquées, traquées et préférant poursuivre la route à pied afin de rejoindre l’Autriche ou l’Allemagne, les populations fuyant la guerre doivent maintenant faire face, une fois la frontière franchie, à la politique réactionnaire du gouvernement hongrois.

Les migrants traités « comme des animaux »

Dans ces conditions extrêmes, il est quasi miraculeux que la situation n’ait pas dégénéré en émeute. « C’était inhumain », témoigne Michaela Spritzendorfer, la bénévole ayant publié la vidéo. Il faut dire que cette dernière est particulièrement choquante. L’ONU a immédiatement condamné ces agissements. Pourtant, au vu des positions et de la politique appliquée par l’État Hongrois ces derniers mois, cette vidéo ne fait que confirmer ce que l’on savait déjà. Des conditions de vie et d’hygiène exécrable, des êtres humains parqués comme du bétail et un mépris total des autorités, ne prenant nullement la peine d’organiser un temps soit peu la distribution de nourriture. Et ce ne sont pas les nouvelles dispositions du gouvernement d’Orban qui annoncent un changement de cap dans cette politique macabre. Une nouvelle barrière, de quatre mètres de haut, est en construction et devrait être achevée fin octobre ou début novembre.

Après la vague de prétendu « humanisme » des gouvernements européens, qui annonçaient les larmes aux yeux des mesures censées venir en aide aux réfugiés suite à la publication de la photo du corps sans vie du petit Aylan, l’Europe forteresse montre à nouveau son vrai visage. L’Allemagne et la République tchèque ont ainsi annoncés leur volonté de procéder à nouveau à des contrôles au sein même de l’espace Schengen. La politique réactionnaire de l’État Hongrois, particulièrement virulente à l’égard des migrants, n’est qu’une facette de l’immense traque aux migrants organisée sur l’ensemble du territoire européen. Les manifestations de masse dans les grandes villes européennes, comme à Londres où 100000 se sont rassemblées pour crier « Refugees Welcome », posent les bases d’une indispensable réponse à ces politiques xénophobes. Car face à la situation catastrophique au Moyen-Orient, dans laquelle les différents impérialismes européens ont une grande part de responsabilité, seules des mobilisations de masse pourront changer la donne. Pour qu’enfin, les migrants fuyant la guerre et la misère puissent trouver l’asile qu’ils recherchent.




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