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LREM voudrait faire travailler les jeunes 45h : « on peut accepter quand on a 25 ans »

S'il n’est pas encore officiellement candidat, Macron travaille son programme et laisse entrevoir un projet d’offensive sociale pour 2022. Parmi les idées qui circulent chez LREM, augmenter le temps de travail pour les jeunes jusqu’à 45h…

lundi 24 janvier

Crédits photo : AFP

La semaine dernière, Marianne revenait sur les pistes étudiées du côté d’Emmanuel Macron pour sa campagne et son éventuel second quinquennat. Après les récentes promesses sur le terrain sécuritaire, c’est une véritable liste d’attaques sociales potentielles que dresse le parti du Président.

Notamment, Macron pourrait chercher à en finir avec les 35h, en proposant une modulation du temps de travail maximum en fonction de la période de la vie. « On peut accepter de travailler 45 heures par semaine quand on a 25 ans, puis réduire son temps de travail quand on a des enfants ou quand on est senior » note ainsi un dirigeant de LREM.

Une mesure scandaleuse mais pas totalement nouvelle. Dans un documentaire sur l’ascension de Macron en 2017, on pouvait ainsi voir Emmanuel Macron échanger avec Daniel Cohn-Bendit sur son programme. Celui-ci évoquait l’idée d’un temps de travail dégressif avec l’âge, avant que Macron n’embraye : « quand t’es jeune, 35h c’est de la pipe. C’est 40h ou 45h parce que t’apprends ton job en même temps. » Dans le même entretien, Macron estimait que la proposition de Cohn-Bendit, qui permettrait d’allonger l’âge de départ à la retraite, était une « super idée ».

En guise de mesures pour l’après-2022, Macron réfléchit ainsi déjà à de nouvelles attaques contre les jeunes. Pour Macron, la jeunesse doit être une main d’œuvre malléable et exploitable à merci, sur laquelle on peut expérimenter la liquidation d’acquis sociaux tels que la réduction du temps de travail. Une logique déjà présente dans les plans de Macron. A l’image des annonces pendant la crise sanitaire qui faisaient la part belle aux contrats précaires. CDD, intérim, … 50% de ces derniers précaires sont déjà occupés par des jeunes.

Une logique qui fait également penser au « contrat premier embauche », qu’avait tenté de faire passer Chirac en 2006. Ce contrat permettait aux patrons de licencier pendant 2 ans les salariés de moins de 26 ans sans motif. De même, l’idée d’un « SMIC Jeune », réduisant le niveau du salaire minimum pour les jeunes, revient fréquemment sur la table des classes dominantes depuis les années 1980.

Ainsi, après avoir évoqué la possibilité de rendre payante l’université, l’équipe de Macron surenchérit. Une chose est sûre, LREM s’inscrit dans la pure tradition du projet des classes dominantes pour la jeunesse : en faire un laboratoire de la précarité et des contrats dérogatoires au code du travail. Face à cette promesse d’offensive, il est fondamental de préparer une riposte. Non seulement en revendiquant un projet inverse de celui de Macron, comme le fait la campagne d’Anasse Kazib, qui défend une université réellement ouverte à toutes et à tous et l’abrogation de toutes les lois sélectives à l’université. Mais également en construisant le rapport de forces, à l’image des travailleurs de l’éducation nationale qui ont fait une grève historique le 13 janvier contre la gestion catastrophique de la crise sanitaire de Blanquer. Le 27 janvier ils seront dans la rue aux côtés du privé, la jeunesse doit être présente.



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