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Monde

La Grèce achète des Rafales : ou comment bombarder français

La Méditerranée Orientale est le théâtre de vives tensions entre la Grèce et la Turquie après que cette dernière a envoyé un navire d’exploration des gisements gaziers au large de la petite île de Kastellorizo, territoire grec situé à trois kilomètres des côtes turques. La réaction militariste du gouvernement conservateur du premier ministre grec Kyriákos Mitsotákis a débouché sur un contrat, signé avec la France, pour l’acquisition de 18 avions de combat Rafale, de quoi aggraver encore les risques d’escalades.

mardi 22 septembre

Tensions militaires sur fond de course aux gisements gaziers

Cette nouvelle vente de Rafale (6 neufs et 12 d’occasions) a pour contexte l’exacerbation des tensions à propos des gisements gaziers de la Méditerranée orientale. Ravagée par le pillage financier de l’Union Européenne, la Grèce cherche à exploiter, en partenariat avec l’entreprise française Total, les immenses gisements gaziers situés dans sa zone économique exclusive, d’une valeur estimée pour l’heure à 400 milliards de dollars sur 25 ans. Liées au grand projet de gazoduc sous-marin à destination de l’Europe occidentale, ces opérations ont installé une forte rivalité entre les pays frontaliers et notamment entre la Grèce et la Turquie. Cette dernière, pour contrer l’influence du rapprochement entre Israël, Chypre et la Grèce, cherche à s’emparer des ressources gazières, au large de Chypre notamment, en appuyant la république turque de Chypre du Nord. Mais alors que la Grèce a traversé une crise économique et sociale sans précédent, le gouvernent conservateur de Kyriákos Mitsotákis joue la carte du militarisme, appuyé par un discours nationaliste fort. La France quant à elle souffle sur les braises de ces tensions, à la fois pour défendre ses investissements dans la région et soutenir les profits de son complexe militaro-industriel.

L’industrie française de l’armement, un fléau mortel pour les populations du monde entier

Chaque signature de contrat en matière d’armement est suivi par son lot de réjouissances médiatiques, à l’instar de la déclaration de la ministre des armées Florence Parly qui, citée par Les Echos, se réjouit que « pour la première fois, un pays européen souhaite se doter d’avions de combat Rafale », et qui évoque « un succès pour l’industrie aéronautique française ». L’entreprise privée Dassaut Aviation, qui produit ces engins de destruction, réalise, grâce au lobbying actif de son principal client qu’est l’Etat français, plus de 5 milliards d’euros de chiffre d’affaires et 570 millions d’euros de bénéfices nets. Ces « bonnes nouvelles » sont en réalité un fléau pour les populations et les armes servent à l’exacerbation des tensions militaires qui conduisent à des désastres, quand elles ne sont pas impliquées directement dans les destructions, comme c’est le cas au Yemen où l’Arabie Saoudite use massivement des armes achetées à la France.

Alors que la situation humanitaire dans les camps de réfugiés sur l’île de Lesbos est catastrophique, aggravée par la pandémie et l’incendie du camp de Moria, et que le gouvernement français refuse toute prise en charge des demandeurs d’asile, ce dernier trouve le moyen de se réjouir dans le même temps des « nouveaux débouchés » pour ses armes, pourtant cause d’exil pour des millions de personnes dans le monde.




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