^

Politique

La défense de la presse made in Schiappa. Critiquer Zemmour pour redorer un bilan désastreux

Ce mercredi 20 octobre, Zemmour a braqué un fusil de précision sur les journalistes qui l’entouraient. L’indignation est légitime mais nous nous serions bien passés de celle de Marlène Schiappa tant son gouvernement n’a aucune leçon à donner à propos de la défense de la liberté de la presse.

vendredi 22 octobre

Crédit photo : AFP

Ce mercredi 20 octobre, au salon des armes de répression Milipol, Zemmour s’amusait à braquer un fusil de précision de la RAID sur les journalistes autour de lui, « ça rigole plus, hein, poussez-vous, reculez ! ». Un geste qui n’a rien d’innocent, ni même d’amusant alors que Zemmour, dans un discours à Béziers clame vouloir « enlever le pouvoir à ces contre-pouvoirs » que sont les médias qui ne suivent pas sa ligne.

Rapidement les réactions indignées se sont succédées et ce légitimement. Mais il y en a une dont nous ne nous serions passés : celle de Marlène Schiappa.

Face à Zemmour, la ministre souhaite donc afficher une fervente défense de la liberté d’expression et de la presse : « dans une démocratie, la liberté de la presse n’est pas une blague et ne doit jamais être menacée ». Mais derrière la posture, le propos est à la limite de l’indécence. Rappelons à cet effet, qu’au sein du gouvernement Macron, Marlène Schiappa a défendu la loi sécurité globale, et donc l’interdiction de la prise et la diffusion d’images de violences policières et notamment par des journalistes.

Rajoutons que ce même gouvernement n’a eu de cesse de réprimer les journalistes dans les manifestations ces dernières années. Comme le rapporte Nantes Révoltée, dans un thread Twitter, le gouvernement a sévèrement réprimé la presse et le bilan lourd. On dénombre pas moins de 54 journalistes blessés, dont 12 sérieusement par les forces de l’ordre et ce rien que pendant les six premiers mois des Gilets Jaunes.

Derrière la mise en scène, l’indignation est hypocrite. Écoutez ce que nous disons, ne regardez pas ce que nous faisons, voilà les mots d’ordre du gouvernement Macron. Ni Zemmour ni Macron, la liberté de presse a légitimement le droit de revendiquer de meilleurs défenseurs.




Mots-clés

liberté de la presse   /    Eric Zemmour   /    Marlène Schiappa   /    Emmanuel Macron   /    Politique