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Politique

Répression policière

La police crée un embouteillage et verbalise pour non-respect du couvre-feu

Le couvre-feu, instauré pour lutter contre la progression de l’épidémie, prend de plus en plus clairement l’aspect d’une mesure punitive qui cible et pointe la population comme seule responsable des contaminations. Pour faire respecter la mesure, la police a même instauré des barrages à la sortie du périphérique, dans le XXème arrondissement de Paris, quelques minutes avant l’heure du couvre-feu.

mercredi 28 octobre

Des verbalisations injustes pour assoir le contrôle social de la population

Dans cette vidéo, tournée par les caméras de BFMTV, on peut voir la police instaurer un barrage à la sortie du périphérique afin d’en interdire l’accès pour la durée du couvre-feu et verbaliser par la même occasion les automobilistes pris dans les filets. C’est pourtant, aux dires des personnes verbalisées, le barrage de la police qui est la cause de leur retard et qui les a empêchés de rentrer chez eux à temps. Ces mesures spectaculaires visent à installer par la force le respect d’une mesure qui passe mal auprès de la population, obligée de se rendre au travail mais contrainte de rester chez elle une fois le soir venu, et ce alors même que les entreprises sont les principaux foyers actifs de l’épidémie à l’heure actuelle.

Le barrage, situé à la porte d’un arrondissement populaire de la capitale, n’est en fait rien d’autre qu’un péage abusif, installé à tout juste 21h, et dont le montant s’élève à 135 euros, soit plus de deux journées de travail pour une personne gagnant le smic.

Le couvre-feu, cache-misère pour fait oublier les manquements du gouvernement

Tolérance zéro. C’est le message que la police fait passer par son intransigeance répressive. C’est aussi, pour le gouvernement, le moyen de marteler l’idée que la progression de l’épidémie est causée par le relâchement de la population. Pourtant, depuis mai, aucune mesure véritablement décisive n’a été appliquée par le gouvernement qui a surtout travaillé à sécuriser les investissements des grandes entreprises, laissant de côté le sort immédiat de centaines de milliers de travailleurs et de petits commerces qui se retrouvent à présent pointés du doigt et réprimés.

Le couvre-feu veut faire oublier qu’à l’école et à l’université, où s’entassent près de 13 millions d’élèves et d’enseignants, aucun moyen n’a été accordé pour réorganiser les salles de classe et l’accueil, comme cela a été pourtant fait en Italie. Le couvre-feu veut également faire oublier qu’à l’hôpital la situation est pire qu’en mars dernier car les opérations déprogrammées en masse pour faire face à l’épidémie devront l’être à nouveau, qu’aucun moyen supplémentaire n’a été accordé et qu’aucune clinique privée n’a été réquisitionnée.

Derrière le cynisme des mesures policières se cache un système qui ne cherche qu’à préserver l’intérêt des grands groupes capitalistes, mettant en danger, sur le plan sanitaire et social, l’existence de millions de personnes.




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