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Politique

Le président poursuit son opération reconquête

Le candidat Hollande dans le 93, la nouvelle Red Star ?

En visite au stade Bauer de Saint-Ouen dans le cadre du lancement du projet « citoyenneté et diversité » de Pauline Gamerre, directrice générale du club de football du Red Star mercredi, François Hollande a poursuivi son opération reconquête en vue de 2017. Clamant son amour du Red Star et plaidant pour un retour du club dans son stade (Le Red Star joue actuellement à Beauvais car Bauer n'est pas aux normes), le Président tente de faire remonter sa cote, dans un département qui avait majoritairement voté pour lui en 2012. Julian Vadis

Alors que François Hollande est donné en 3eme position du 1er tour de l’élection présidentielle, dans les sondages, derrière Sarkozy et Le Pen, le Président s’est depuis quelques jours lancé dans une opération reconquête en vue de 2017. Après avoir tenté de se redonner une visage humaniste de gauche avec l’organisation, pilotée par le PS, d’un meeting de soutien aux réfugiés - qui n’est rien d’autre qu’une tentative de récupération de la vague émotionnelle qui a déferlé suite à la publication de la photo du jeune Aylan, retrouvé mort sur une plage grecque - Hollande est apparu en chef de guerre, en annonçant le bombardement de Daesh en Syrie, avec en mémoire le léger regain entrevu dans les sondages après l’intervention française au Mali.

Et maintenant, le candidat Hollande défenseur des valeurs républicaines !

Ce mercredi, Hollande est plus que jamais apparut en candidat dans le stade d’un club réputé pour être "de gauche". En bon supporter de son « club de cœur » François Hollande a évoqué la « nouvelle jeunesse » du Red Star suite à son retour dans le monde professionnel. Regrettant que le stade Bauer ne soit plus l’antre des verts, le Président a plaidé auprès des élus locaux afin que le club de Saint-Ouen « retrouve le plus vite possible » l’enceinte mythique de l’Étoile Rouge. Une opération de com’ visant à retrouver le visage du président normal qui l’a amené au pouvoir, et qui avait séduit l’électorat local en 2012, mais qui est aussi teinté d’hypocrisie. Cette déclaration allant à l’encontre de la gentrification effective de la ville de Saint-Ouen, à laquelle le gouvernement PS est tout à fait favorable puisque profitable aux intérêts mêmes d’Hollande et de grandes multinationales du bâtiment comme Vinci. La belle déclaration d’amour à ce stade symbolique devient tout à coup bien fade. L’objectif apparaît clairement comme une tentative de séduction de l’électorat populaire, fortement attaché à ce symbole historique, tout en balançant une patate chaude à la mairie de droite.

C’est donc dans ce cadre que le Président a amorcé le troisième volet de son opération reconquête. Alors que le débat du "souverainisme de gauche" traverse la gauche, du PS au Front de Gauche, Hollande a déclaré vouloir faire de 2016 "l’année de la Marseillaise". Une référence à l’Euro de football qui sera organisé en France l’été prochain ? Il ne fait aucun doute que, comme son prédécesseur Jacques Chirac en 1998, une victoire de la France à l’événement serait vu d’un bon œil par Hollande. Mais on ne peut occulter le fait que, dans le cadre d’un projet citoyen, la référence tend aussi à projeter le candidat Hollande comme un fervent défenseur des valeurs républicaines que ce chant représente. En faisant chanter la Marseillaise aux jeunes du club, Hollande entre en campagne de relégitimisation des valeurs républicaines auprès des masses populaires. Dans la même logique que l’opération meeting, Hollande est aussi apparu comme le défenseur des valeurs d’intégrations, magnifique tour de passe-passe pour tenter d’inverser la tendance de l’opinion défavorable auprès du peuple de gauche qui est aujourd’hui la sienne.

Le président candidat poursuit donc son contre-la-montre pour apparaître comme un candidat crédible à sa propre succession. Un peu plus de 3 ans après son élection, et avec des résultats catastrophiques dans les sondages, Hollande est forcé de sortir du bois plus tôt que prévu. Pourtant, avec à son bilan des guerres, des opérations de récupérations opportunistes et des réformes anti-sociales et ultra libérales, il y a bien une promesse qu’il a tenu. Il est le président normal ... d’un État impérialiste.




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