^

Jeunesse

Nécessité d'un plan d'urgence

Malgré la troisième vague, Blanquer ne fait rien pour l’éducation

A la veille de la troisième vague épidémique, qui avec l’apparition des nouveaux variants s’annonce plus difficilement contrôlable, le gouvernement veut maintenir coûte que coûte les établissements scolaires ouverts et joue l’attentisme. Pourtant l’heure devrait être à la prise de décision rapide, loin de la gestion criminelle de la crise actuelle par Blanquer.

samedi 23 janvier

Dans de nombreux pays d’Europe les écoles sont fermées ou en ouverture partielle afin de ralentir la progression du virus et surtout du nouveau variant. Mais en France le gouvernement veut jouer la carte de l’exception française en maintenant ouvert a plein régime les établissements scolaires et ainsi continuer à donner des gages le plus longtemps possible au patronat. Pourtant selon les données de l’INSERM, le variant anglais concerne 1,4% des nouveaux cas de Covid en France, et il faudrait s’attendre a voir ce variant devenir dominant d’ici fin février ou début mars, créant une situation incontrôlable pour les hôpitaux. Il y a donc urgence à prendre à bras le corps la question de la gestion du flux d’élèves dans les établissement scolaires. Mais le ministère de l’éducation et son chef de file Blanquer continuent d’étouffer le problème, plus préoccupés a maintenir leur image qu’a ralentir l’épidémie. L’école « garderie du MEDEF » ou « l ’exception française », la condescendance gouvernementale pour la vie des travailleurs de l’éducation et celle des familles est à son point culminant.

Blanquer lors de son intervention mardi sur France Info a annoncé la fin des cours d’EPS en intérieur et la vague possibilité de dédoubler côté collège les classes de quatrièmes et troisièmes, des effets d’annonces pour combler le vide de décision. Celui pour qui on ne se contaminerait pas à l’école rétropédale donc légèrement dans le discours. Coté lycée, là où les dédoublements ont été effectués ils mettent malheureusement professeurs et élèves en difficulté ; l’absence d’adaptation des programmes, le manque de moyens a la fois humains et matériel pour réaliser pleinement ces dédoublements, le maintien coûte que coûte du bac et des échéances font primer épuisement, stress et évaluations sur la pédagogie et l’apprentissage. Une situation qui, pour les profs et lycéens, se traduit par des situations de détresses psychologiques encore peu mises en lumière.

Attentisme du ministère alors que la le taux de contamination augmente, mise en place accélérée des réformes Blanquer, injonctions contradictoires, pèsent lourdement sur le moral des travailleurs de l’éducation qui ont le sentiment que les propositions qu’ils ont formulées face a la crise l’ont été en vain.

Ralentir l’épidémie passe par désengorger urgemment les établissements scolaires !

En novembre déjà, face à une gestion criminelle de la crise par le gouvernement, les professeurs avaient cherché par en bas à établir des protocoles sanitaires à la hauteur de la situation proposant la mise en place de demi-groupes, adaptant les emplois du temps, réclamant des moyens humains et matériels, seules conditions à même de freiner l’épidémie en évitant brassage et établissement scolaires surchargés. Aujourd’hui la nécessité est toujours la même, celle de désengorger les établissements et de s’adapter face aux données scientifiques des nouveaux variants. Il réside une forme d’aberration à taire la situation d’établissements scolaires où les brassages sont quotidiens et où les personnels tombent malade.

Si ce sont les travailleurs les plus précaires qui relèvent la tête dans le secteur lors de la dernière période ce n’est pas le fruit du hasard. Les AED font face en plus du mépris habituel à des permanences surchargées. Pas assez nombreux, pas assez formés, mal rémunérés, fatigués de servir de « couteau-suisse » dans la situation sanitaire, ils démultiplient les jours de grève et cherchent à s’organiser dans la période autour d’une colère légitime.

L’absurdité dans cette situation réside dans le fait que des personnes en recherche d’emploi, qui pourraient venir augmenter les effectifs, il y en a ! Des espaces inoccupés pouvant recevoir des élèves et leur proposer une offre culturelle sur la moitié de leur emploi du temps pour la mise en place des demi-groupe il y en a ! De l’argent pour financer une adaptation de l’éducation à la situation sanitaire il y en a ! En témoignent les 2O milliards d’aide aux entreprises (qui pourtant licencient à tours de bras et qui utilisent l’argent pour compenser leur manque à gagner et arroser les actionnaires).

Face à l’éventuel scénario d’un reconfinement total, la nécessité d’adapter le système scolaire

A presque un an du début de la pandémie, les mêmes erreurs sont répétées par l’exécutif : impréparation, répression, surprises et effets d’annonces rythment le quotidien des travailleurs. Et le mantra reste le même : faire primer l’économie avant la santé et l’éducation.

L’exécutif planche dans ses différents scénarios à un reconfinement généralisé et pourtant rien ne semble se dessiner côté mise en place du distanciel pour l’éducation. Les professeurs gardent par ailleurs un souvenir amer d’un premier confinement teinté de mépris, entre les sous-entendus qu’ils ne bossaient pas et qu’ils étaient « aux fraises » et le calvaire d’un distanciel qui se confrontait à la fracture numérique et à la lourde tâche de tout réadapter.

Se préparer sérieusement à un confinement côté éducation voudrait dire aujourd’hui distribuer massivement des outils informatiques aux familles et aux professeurs, former les uns et les autres, adapter les programmes et la pédagogie, penser des équipes de suivi interdisciplinaire pour maintenir un lien social et pédagogique avec les élèves. En somme, repenser la pédagogie et les apprentissages, chose que se refuse à faire le ministère de l’éducation puisqu’il se refuse à laisser aux travailleurs de l’éducation l’espace de prendre de façon concertée leur outil de travail entre leurs propres mains et à l’organiser. Le ministère préfère jouer la carte de l’attentisme et continuer à faire descendre des directives contradictoires, inapplicables et épuisantes.

L’organisation par en bas pour sortir de la crise

Si l’atonie semble régner côté professeurs, c’est bien l’effet de sidération provoqué par la politique de Blanquer qui en est la cause. Pourtant, le ministre de l’Education est sur une ligne de crête, les jours a venir vont devoir être ceux des décisions face à la pandémie et quel que soit le scénario qu’envisage le gouvernement, l’atonie des profs ne pourra continuer. Reconfinement du pays sauf les écoles où les travailleurs de l’éducation se retrouveraient en première ligne du nouveau variant ou reconfinement total mais sans moyens qui réveillerait le souvenir douloureux du premier confinement. Quel que soit le scénario catastrophe, la réponse de ceux qui avaient prévenus, qui avaient cherché à ralentir l’épidémie en proposant des demi-groupes, sera forte.

Le ministère de l’éducation profite donc de l’accalmie pour organiser un énième échec dont il devra payer la facture. Et si le 26, date posée par l’intersyndicale pour réclamer des augmentations se prépare timidement, c’est que pour le moment l’effroi et la contestation n’ont pas encore su se retrouver afin de mettre un frein au gouvernement et organiser par en bas ceux qui ont à cœur de défendre l’éducation. Les travailleurs de l’éducation sont les plus à même d’échafauder les solutions pour faire face à la crise sanitaire, nulle doute que tant que les décisions resteront prises par ceux qui font ce système capitaliste, nos vies passeront après leur profits : il ne tient donc qu’à nous de relever la tête et d’imposer l’éducation et le monde que nous voulons.




Mots-clés

Covid-19   /    Education nationale    /    Ecoles   /    Jean-Michel Blanquer   /    Education   /    Jeunesse