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Politique

Crise sanitaire

Omicron. Malgré l’urgence sanitaire, Macron derrière le MEDEF « quoi qu’il en coûte »

Sans surprise, les annonces de Castex et Véran ce lundi n’auront été qu’une succession de gages donnés au patronat, à commencer par la garantie d’un maintien de la rentrée scolaire, et de mesures restrictives individuelles totalement impuissantes à faire face à la vague épidémique actuelle.

lundi 27 décembre 2021

© Crédit photo : Ludovic MARIN/AFP

Ces derniers jours, la vague épidémique ne cesse de progresser en France. Le 25 décembre, la barre des 100.000 contaminations quotidiennes était ainsi dépassée, tandis que le nombre de patients en réanimation a dépassé depuis la semaine dernière les 3.000. Une situation d’autant plus inquiétante, que le variant ultra-contagieux Omicron poursuit sa progression et devrait devenir majoritaire dans les prochains jours.

Dans ce contexte, qui fait peser la crainte d’un débordement des hôpitaux déjà exsangues, Jean Castex et Olivier Véran ont présenté ce lundi les résultats du conseil de défense sanitaire et du conseil des ministres exceptionnels qui s’étaient tenus le jour-même. Sans surprise, malgré la menace d’Omicron, le gouvernement a choisi l’alignement derrière le MEDEF en garantissant le maintien de l’activité économique à tout prix.

Dans la continuité de sa stratégie, le gouvernement a commencé par mettre en valeur la vaccination, annonçant au passage la réduction du délai pour la 3ème dose à trois mois. Mais pour continuer à pousser à la vaccination, essentielle face au virus, c’est sur la contrainte que continue d’abord de miser le gouvernement. En ce sens, la conférence de presse a été l’occasion de confirmer la mise en place d’un « pass vaccinal », qui sera discuté à l’Assemblée à partir de mercredi, mais également la volonté de durcir les sanctions pour usages de « faux pass » ou d’élargir la possibilité de réaliser des contrôles d’identité aux « exploitants d’ERP ».

En revanche, en dépit de la situation nouvelle entraînée par le variant Omicron, dont la très forte transmissibilité autant que la capacité « d’échappement immunitaire » changent radicalement la situation, le gouvernement a choisi d’éviter absolument les mesures trop restrictives. Outre le rejet de l’option d’un report de la rentrée scolaire, assurant le maintien de la « garderie du MEDEF » malgré le risque d’une démultiplication des contaminations en l’absence de protocoles sanitaires à la hauteur, l’instauration de journées de télétravail obligatoires et la mise en place de jauges pour les rassemblements, le gouvernement s’est ainsi contenté de mesures de restrictions individuelles, faisant peser la responsabilité de la situation sur la population. A l’image de la très ridicule interdiction de « consommer debout » dans les bars et restaurants, ou de consommer tout court dans les cinémas et les transports…

La logique est donc claire : le gouvernement entend rassurer le patronat, inquiet la semaine dernière du danger d’une « paralysie » du pays face à Omicron, en faisant peser les restrictions sur les individus. Ce week-end, le patron du MEDEF voyait ainsi dans une éventuelle fermeture des écoles une « difficulté majeure » et le gouvernement semble l’avoir entendu. Une logique qui devrait se prolonger avec la réduction de l’isolement des malades du Covid mais aussi l’assouplissement de l’isolement des cas contacts de personnes contaminées par Omicron, deux mesures étudiées mais dont le gouvernement a choisi de repousser l’annonce à la fin de la semaine.

Au total, les annonces du gouvernement apparaissent très loin de la situation d’urgence qui se dessine à l’hôpital. Ainsi, si le premier ministre a évoqué le fait que « le niveau des hospitalisations continue sa progression, certes à un rythme modéré, mais la situation demeure tendue » c’est pour mieux ajouter qu’« on ne voit pas de surcharge hospitalière liée à Omicron » et pointer la responsabilité des « non-vaccinés ». Un véritable déni, alors que la vague contamination occasionnée par Omicron qui devrait faire exploser ces dernières, pourrait violemment frapper des hôpitaux déjà en très forte tension.

Dans ce cadre, alors que les Plans blancs se multiplient, les agents hospitaliers du CHU de Rouen ont lancé une « grève illimitée » ce lundi « pour protester contre la dégradation de [leurs] conditions de travail et le manque de moyens humains et matériels. » selon Le Monde. La mobilisation, très suivie, est symbolique de l’écart entre l’optimisme de façade du gouvernement, mâtiné de répression et de restrictions individuelles, et la réalité des soignants. Après les annonces de ce lundi, leur colère n’a que des raisons de s’intensifier à la veille d’une probable vague d’hospitalisations.



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