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Genres et sexualités

Face aux réacs

Polémique transphobe de la droite et de l’extrême-droite : soutien au Planning familial !

Mercredi dernier, la diffusion sur Twitter d’une affiche réalisée pour le Planning familial montrant un homme transgenre enceint a provoqué une vague de réaction venues de la droite et de l’extrême droite. Face à cette polémique transphobe, soutien au Planning familial et à toutes celles et ceux qui luttent pour le droit à disposer de nos corps.

lundi 22 août

Une affiche présentant un homme transgenre enceint, dans le cadre d’une campagne visant à sensibiliser aux problématiques des personnes LGBTI, sert de prétexte depuis une semaine à des propos transphobes et des menaces contre l’association féministe du Planning familial qui mène un travail sur la question des droits reproductifs.

Depuis sa diffusion sur les réseaux sociaux mercredi, le Planning familial fait ainsi l’objet d’attaques haineuses venues majoritairement de la droite et de l’extrême-droite. L’angle d’attaque est sensiblement toujours le même : l’association serait dans une « dérive », infiltrée par les « théorie du genre » qui menace l’éducation des enfants. L’objectif est clair : faire en sorte que le Planning familial perde ses subventions.

Parmi les instigateurs de cette attaque figurent Thierry Mariani du Rassemblement national, Reconquête - le compte twitter officiel du parti d’Éric Zemmour -, Hélène Laporte, vice-présidente RN de l’Assemblée nationale, Laurence Trochu membre du comité politique de Reconquête, mais aussi Julien Dray, fondateur de SOS Racisme et membre historique du PS, ou encore Marguerite Stern, une ancienne Femen connue pour ses positions transphobes.

Le Planning familial fait régulièrement l’objet d’attaques depuis sa fondation en 1956. Ces dernières années il est la cible des réactionnaires en guerre contre les droits reproductifs, les droits des personnes transgenres, et les personnes musulmanes ou assimilées comme tel. En 2019, le Planning familial était ainsi ciblé pour « ses liens » avec les « intersectionnelles ». Une attaque qui avait conduit Marlène Schiappa à menacer le Planning de lui couper ses subventions.

Vendredi, le Planning familial a dénoncé dans un communiqué la « haine de personnalités d’extrême droite et de leurs sympathisants ». L’association envisage de porter plainte. « Nous, féministes, n’accepterons pas de voir le Planning familial faire l’objet d’une campagne de dénigrement sur le dos des minorités de genre », rappelant son principe d’« accueil inconditionnel des personnes, quelle que soit leur identité de genre ». « Les personnes trans ont leur place dans notre mouvement. ». Le Planning a reçu le soutien de militant.es d’EELV, de la France Insoumise, du NPA, de la CGT, de Révolution Permanente ou encore d’Act up. Nous réitérons ici notre soutien plein et entier.

Alors que le droit à l’avortement et les droits des personnes transgenres sont directement menacés dans de nombreux pays du monde, nous devons lutter contre tous les discours et toutes les lois qui promeuvent une certaine idée de ce que devrait être l’identité sexuelle (uniquement hétéronormée), la famille (uniquement l’union entre un homme et une femme), ou l’identité de genre (uniquement binaire, figée et essentialiste). Or, toute identité de genre peut coïncider avec toute identité et toute orientation sexuelle. Les personnes transgenres et les différentes identités sexuelles ont toujours existé, tout comme les femmes n’ont jamais cessé d’avorter.

Dans une période marquée par une offensive réactionnaire, dont l’abrogation de Roe v. Wade aux Etats-Unis est la pointe avancée, le droit à disposer de nos corps est un combat féministe internationaliste plus urgent que jamais. Dans une période où les gouvernements du monde entier montrent qu’ils ne se battront pas pour la conquête de nouveaux droits ou la défense des droits existants, à l’image de l’attitude cynique du Parti Démocrate américain vis-à-vis du droit à l’avortement, cette lutte appelle à une mobilisation d’ampleur dans laquelle le mouvement ouvrier à un rôle central à jouer pour renverser un système qui a montré son incapacité à assurer l’égalité d’accès à la santé, à l’éducation et à des revenus dignes à l’ensemble de la société.



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