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Privatisation de la SNCF dans le Grand-Est : la grande escroquerie de l’ouverture à la concurrence

Un article paru sur France 3 région tente de faire croire à ses lecteurs que l’arrivée de la concurrence dans le Grand-Est est une bonne nouvelle pour les usagers du train.

vendredi 24 septembre

Un article paru sur France 3 région tente de faire croire à ses lecteurs que l’arrivée de la concurrence dans le Grand-Est est une bonne nouvelle pour les usagers du train.

63,5% d’augmentation des subventions de la région sur les lots ouverts à concurrence

Le vice-président des usagers, M. Blaise, déclare que la concurrence doit aboutir à une amélioration du service. Peut-être ignore t’il que grâce au travail impeccable des cheminots de la SNCF, le TER de sa région est le deuxième meilleur de France avec une régularité de 97% (chiffre officiel). Il y a une excellente offre (environ 36M de km/train) le tout avec un haut niveau de sécurité ferroviaire. Ne dit-on pas parfois que le mieux est l’ennemi du bien ?

Ensuite le vice-président de la région Grand-Est, M. Valence, explique qu’avec les économies réalisées grâce à la concurrence, il sera possible de commander plus de train et de mettre plus de rames en production. Sauf qu’en réalité les subventions sont en hausse sur les deux premiers lots avec 18,6 euros par train/km sur Bruche-Piémont-Vosges soit 9% d’augmentation et 37€ par train/km sur L14 (Nancy-Contrexéville) soit 118% d’augmentation !!

C’est une tendance globale de faire augmenter les coûts avec la venue du privé, puisque le même phénomène est constaté partout en France (+20,5 dans les Hauts-de-France ; +38,5% dans le sud). Il s’agit donc bien d’offrir l’argent public sans rechigner au privé alors que les robinets se tarissaient depuis des années quand il fallait subventionner le train comme un service public.

Les usagers bien mal représentés vont voir leur TER se dégrader

M. Blaise, par ignorance ou connivence avec les élus dogmatiquement opposés aux cheminots et à tout ce qui se rapproche d’un service public, se félicite de voir l’entreprise historique poussée dans ces retranchements. Pourtant, au final, il va falloir s’attendre, comme en Angleterre, à une augmentation du prix des billets.

Les usagers devraient aussi savoir que les coûts normaux liés à la régénération des lignes ont été revus à la baisse de plus d’un tiers par les nouveaux arrivants (filiale SNCF comprise) c’est donc bien sur la fiabilité du rail et donc le niveau de sécurité des circulations ferroviaires qu’une partie des économies devraient être faites (tout en générant, malgré tout, les augmentations de subventions vues plus haut).

Le tout évidemment n’offrira absolument aucune possibilité de choisir parmi une offre (comme le mot concurrence le laisse entendre) puisque les concessions de 23 ans laisseront les usagers avec un seul et unique opérateur sur leur ligne. Ou comment le monopole privé (plus couteux et moins sur) vient remplacer le monopole public…

Comment faire du transport ferroviaire de qualité avec des cheminots transférés de force ?

Les agents SNCF qui assurent actuellement le service ouvert à concurrence se verront transférés chez le nouvel opérateur ou licenciés par celui-ci. Dans ce contexte comment imaginer, que ces agents hautement qualifiés après des années de formation et d’expériences, continueront de se dévouer pour assurer le service dans des conditions dégradées ?

Les mouvements de grève inévitables dans un contexte aussi violent et délétère viendront immanquablement mettre à mal le service. M. Valence ne se cache même pas de vouloir faire du dumping social avec les cheminots, il déclarait même que sans cela il n’y aurait pas vraiment de concurrence. Il pourra constater de lui-même que les cheminots savent se servir de la seule force des travailleurs pour se faire respecter, que ce soit dans le public ou dans le privé à l’image de cette lutte admirable des salariés du transport chez Transdev

La complicité de la Direction SNCF

D’ici 10 ans la totalité des lignes TER sera soumise à appel d’offre. La Direction Nationale assume complètement de n’y répondre que via des filiales de droit privé. Il s’agit d’une mise à mort progressive, lots par lots de l’entreprise historique. C’est une volonté politique et dogmatique qui comme pour les autoroutes, les aéroports, les grandes entreprises (Alstom…) ou la Française des jeux consiste à voler aux biens publics ce qu’il y a de plus rentable pour privatiser les profits tout en finançant les pertes avec de l’argent public.

Par exemple aujourd’hui les formations des agents se font à une vitesse accélérée avec beaucoup d’argent public. Pourtant dans quelques mois ils seront transférés au privé. Il en va de même pour l’entretien des voies et du matériel roulant.

Puis la division en lots transférables s’organise déjà, générant beaucoup de frais, d’énergie, de création de postes de Direction qui n’étaient pas nécessaires tout cela partout en France pour faciliter la vente à la découpe.

C’est très dur à vivre pour les cheminots qui se voient baladés d’une Direction de ligne à l’autre. Mais c’est aussi absolument inacceptable pour tous ceux qui voient l’argent de leurs impôts dilapidés pour permettre à certains grands patrons de faire du profit sur le mode de transport le plus écologique qui soit. Le train devrait au contraire être géré comme un bien public accessible à tous, gratuit et fiable
pour en finir avec la voiture individuelle et enfin décarboner réellement nos déplacements.

Seule une mobilisation commune des cheminots et usagers, peut mettre ce sujet sur la table du débat public en portant la nécessité du contrôle des cheminots et usagers, c’est-à-dire les principaux concernés, sur la gestion du transport ferroviaire et du chemin de fer.

Les cheminots appellent à un rassemblement devant la gare de Metz, jeudi 7 octobre à 10h, pour protester contre cette grande escroquerie qu’est l’ouverture à la concurrence du TER.

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