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Scandale Orpéa. Après les révélations, les travailleuses d’un Ehpad en grève à Marignane

Pour dénoncer les conditions de vie des anciens dans les Ehpad les salariés de la filiale Orpea se sont mis en grève ce jeudi, s’inscrivant dans le contexte de révélation des situations de maltraitance généralisée dans ces établissements.

vendredi 28 janvier

Crédits photo : AFP

Ce jeudi, les travailleurs de l’Ehpad “Les Grands Pins” à Marseille, se sont mis en grève, une grande première pour l’établissement. Ils dénoncent « une maltraitance institutionnelle, provoquée par un manque de moyen criant. Il leur manque des draps, des couches et des pansements. Les infirmières se retrouvent en fin de mois avec des ruptures. Tout ça engendre une maltraitance institutionnelle » témoigne auprès de Europe 1 la déléguée CGT Kéline Sivadier, salariée d’une autre structure Orpea du département, qui s’exprime à la place des grévistes pour leur éviter la répression.

Cette mobilisation rappelle le mouvement de grève dans les Ehpad en 2018, où déjà les soignants dénonçaient les conditions de travail et de vie des personnels et habitants des établissements.

La colère des salariés d’une des filiales d’Orpea s’inscrit dans un contexte de scandale d’ampleur dans le milieu des Ehpad après la parution d’une enquête intitulée Les Fossoyeurs rédigée par Victor Castanet aux éditions Fayard. Celle-ci est venue mettre sous le feu des projecteurs, à travers de nombreux témoignages, l’enfer que vivent les salarié·es des résidences appartenant au groupe Orpea, une entreprise privée qui a touché près de 4 milliards de chiffre d’affaires en 2020. Ce livre qui a demandé 3 ans de travail répertorie des restrictions sur des objets essentiels à certaines personnes comme les couches, qui sont limitées au nombre de 3 par jour. Un scandal alors que le prix moyen mensuel d’une chambre est de 10 000€. Comme si ce n’était pas assez, Orpea n’hésite pas à profiter des subventions publiques en gonflant certaines factures pour tirer profit du moindre centime d’argent public, tout en faisant des économies sur le personnel en ne prévoyant aucun remplaçant pas les soignants absents. Pour couronner le tout, ils s’en sortent en étant prévenus un mois à l’avance de la moindre visite de contrôle permettant de masquer la maltraitance des patients et l’exploitation des personnels.

Comme l’écrivait Anasse Kazib sur twitter : « Il n’y aura pas d’issue si la vie de nos anciens reste soumise aux logiques de marché. Il faut donc exproprier les EHPAD, sans indemnités ni rachat. Or l’État a montré qu’il était capable d’appliquer les mêmes politiques que le privé, la nationalisation ne suffit pas ! Les EHPADs expropriés doivent être placés sous contrôle des travailleurs, qui sont les seuls à connaître les besoins, ceux qui font et vivent au quotidien. »



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