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Notre classe

Répression patronale

Toray. Rassemblement et assemblée générale en soutien aux grévistes assignés au tribunal

Mercredi 25 novembre trois grévistes de Toray étaient convoqués au tribunal de Pau. La tentative d’intimidation de la direction et la mise en cause du droit de grève ont suscité une réponse collective des salariés et une vague de solidarité de diverses organisations syndicales et politiques.

samedi 28 novembre 2020

Le tournant autoritaire qu’est en train d’entamer le gouvernement pour faire face aux possibles explosions sociales et protéger le pouvoir au service du grand patronat, trouve aussi son écho dans les entreprises. A Monoprix ou à Toray, les salariés qui essayent de relever la tête contre l’offensive patronale sont assignés en justice.

En effet, chez Toray, où les salariés ont décidé de refuser en bloc la suppression de 42 emplois par une grève majoritaire et reconductible et de ne pas transiger sur leurs conditions de travail et de vie dans les cadres du “dialogue social”, la direction cherche à imposer les licenciements par la répression et en mettant en cause le droit de grève : le 17 novembre, la direction a essayé de redémarrer une des usines du groupe. Deux jours après, elle a assigné au tribunal judiciaire trois grévistes et a menacé tous les salariés avec une amende de 1000 euros par jour de « grève illicite ».

Cette tentative de briser par la répression la détermination des grévistes et par ricochet d’intimider l’ensemble des salariés tentés de reprendre l’exemple et les enseignements des Toray, a déjà suscité des nombreuses preuves de solidarité extérieure mais aussi la réponse collective des salariés de l’usine. En effet, la volonté de la direction de faire plier les salariés par la peur et la répression a été suivie d’une colère grandissante et d’une réponse immédiate du côté des travailleurs : « Nous prenons cela comme une atteinte à un droit constitutionnel, en l’occurrence le droit de grève qui est ici bafoué par Toray. Elle tente d’écraser l’action collective et légitime des salariés en danger. ». « Nous exigeons le retrait de l’acharnement judiciaire contre les militants syndicaux, l’abandon des suppressions d’emplois et le respect du droit de grève. »

Dans cette même ligne, une centaine de personnes entre les salariés de Toray et ses soutiens se sont donnés rendez-vous ce 25 novembre devant le tribunal de Pau pour soutenir les trois collègues assignés en justice. France Bleu reflétait l’état d’esprit des salariés à travers quelques témoignages : « On est dans un mouvement où l’on supprime des emplois et quand il y a des salariés, des syndicats, qui s’organisent pour défendre l’emploi, on les met devant un juge ! ». « Cela démontre la non-humanité de l’entreprise dans sa gestion sociale ».

 
Tel que nous l’ont expliqué les grévistes après l’audience, « le dossier de l’avocat de l’accusation est très inconsistant. Ce qui est scandaleux c’est que la direction vise surtout à nous intimider. ». En effet tel qu’ils nous le témoignaient, « la direction a inclus dans le dossier des éléments qui sont scandaleux. Il y a des captures d’écran de l’interview du délégué de la CGT avec Révolution Permanente-NPA, comme si on ne pouvait pas communiquer avec la presse et les organisations politiques. C’est une atteint grave à la liberté d’expression. Et ce n’est pas tout. Il y a aussi des mentions à la caisse de grève numérique qu’on a lancée et des captures d’écran des discussions WhatsApp que les salariés ont entre eux. C’est inacceptable, c’est un scandale ! ». Ainsi bien que le dossier de l’accusation soit inconsistant, la direction vise surtout à envoyer un message, à faire peur. Mais la tentative est ratée.

Apres le rassemblement du matin devant le tribunal, 100 salariés se sont réunis en assemblée générale à l’usine d’Abidos pour faire un point d’étape du rendez-vous avec la justice, discuter des suites de la grève, des modalités d’organisation et pour repartir une partie de la caisse de grève aux salariés les plus touchés financièrement. La colère, la volonté de durcir la grève, d’avancer tous unis contre le plan de licenciements et la répression patronale étaient les sujets centraux de la discussion en assemblée.

Si la détermination des grévistes de Toray est toujours intacte, le soutien financier et les preuves de solidarité vis-à-vis de cette grève exemplaire continuent de se multiplier. Récemment les travailleurs de Total, qui fotn eux aussi face à un plan social visant 200 salariés et qui va toucher des centaines de sous-traitant, ont apporté leur soutien aux grévistes de Toray. Sous la consigne « l’avenir appartient à ceux qui luttent », les salariés de Total saluaient la lutte exemplaire des Toray et l’importance de se battre pour 0 suppression d’emploi afin que ce ne soient pas les travailleurs qui payent la crise.

Le lundi 30 novembre à 14 heures, la juge rendra sa décision au tribunal de Pau. Bien qu’ils soient déterminés à aller jusqu’au bout, les grévistes de Toray ont aussi besoin de tout notre soutien pour faire plier la direction dans ce bras de fer. Leur lutte est une bouffée de combativité dans ce climat réactionnaire qu’essaient d’imposer le patronat et le gouvernement. Son exemple, notamment en cas de victoire, peut inspirer d’autres salariés qui se trouvent aujourd’hui sous les coups des attaques patronaux. Pour les aider, apportez à leur caisse de grève !




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