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Nos vies pas leur profits !

Trop tard pour faire des profits ? Sanofi arrête le développement d’un vaccin anti-Covid à ARNm

Sanofi a décidé d'arrêter le développement d'un vaccin à ARNm, déclarant que « il n'y a pas de besoin de santé publique ». Pourtant la moitié de la population mondiale n'a toujours pas accès au vaccin. Un discours qui cache mal les motivations financières de la multinationale pour qui il n'y a plus suffisamment de profits à faire avec ce vaccin.

vendredi 1er octobre

Crédit photo : AFP - Frank Hoermann / SVEN SIMON

Thomas Triomphe, le vice-président de la branche vaccins de Sanofi, a annoncé aujourd’hui que le laboratoire pharmaceutique a décidé de mettre fin au développement de son vaccin à ARNm contre le Covid-19, annulant ainsi la troisième et dernière phase d’essais. Pourtant, les résultats intermédiaires des différentes phases s’étaient révélées concluants : selon un communiqué de l’entreprise publié ce mardi, « les données initiales de phase I/II ont montré une séroconversion avec présence d’anticorps neutralisants (définie par des titres d’anticorps 4 fois supérieurs aux valeurs de départ) chez 91 % à 100 % des participants à l’étude, deux semaines après la deuxième injection, pour les trois doses testées. Aucun signal de sécurité n’a été observé et le profil de tolérance est comparable à celui d’autres vaccins COVID-19 à ARNm non modifié. D’autres données de cette première étude de la plateforme ARNm de Sanofi seront présentées à une date ultérieure ».
 
Malgré ces données prometteuses, Sanofi estime que le vaccin arriverait trop tard sur le marché et que « il n’y a pas de besoin de santé publique d’avoir un autre vaccin à ARN messager », selon les mots de Thomas Triomphe. Il a expliqué à l’AFP que « le besoin n’est pas de créer de nouveaux vaccins Covid-19 à ARN, mais d’équiper la France et l’Europe d’un arsenal de vaccins à ARN messager pour une prochaine pandémie, pour de nouvelles pathologies ».
 

Le vaccin arrive trop tard… pour maximiser les profits

Mais les arguments du Triomphe sont cyniques, surtout si l’on considère qu’à ce jour, seulement 32,86 % de la population mondiale est totalement vaccinée tandis que 11,88 % de la population a reçu seulement une première dose, ce qui veut dire en d’autres termes que 55,26 % de la population mondiale n’a encore reçu aucune dose de vaccin.

Cela s’explique par l’énorme écart entre les pays riches et les pays pauvres en matière d’accès aux vaccins. Par exemple, au Tchad, seulement 0,7 % de la population a reçu une dose, et parmi eux, seulement 0,2 % de la population est complètement vaccinée. Le cas est similaire dans la plupart des pays africains.

S’il est vrai que Sanofi est en train de travailler sur un autre vaccin à base de protéine recombinante, seulement 200 millions de doses sont prévues pour alimenter le programme Covax (qui vise à garantir un accès mondial et équitable aux vaccins contre le COVID-19).

Cela montre que la solution à la crise sanitaire ne peut dépendre de la décision des directions des laboratoires et de leurs intérêts économiques. La seule issue, pour répondre aux besoins de la population mondiale et mettre fin à cette pandémie qui continue de faire des milliers de morts, est la nationalisation des laboratoires sous le contrôle des travailleurs. Il est nécessaire la mise à disposition des moyens de production ainsi que la fin des brevets, pour que le vaccin soit produit librement là où c’est possible et distribué rapidement à tous les pays dont en ont besoin.




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