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Jeunesse

Vidal démission

« Vidal démission ! » A Poitiers, un rassemblement contre la venue de la ministre

En visite à Poitiers, pour répondre à des lettres de détresse d'étudiant.e.s qu'elle aurait reçues, la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche a passé une heure à la préfecture, pendant qu'un rassemblement dans la rue appelait à sa démission.

mardi 23 février

Crédits photo : Christophe Ena © 2019 AFP

On pensait la bourgeoisie à l’aise partout, mais apparemment l’espace commence à se rétrécir pour le gouvernement : alors que le campus de Poitiers se trouve à peine à quelques kilomètres du centre-ville, Vidal a préféré entrer et sortir du bâtiment de la préfecture sous escorte et sans voir personne, avouant de fait l’interconnexion entre le Ministère de la Recherche et le Ministère de l’intérieur. Dehors, rassemblés dans la rue puisque la place était rendue inaccessible par les forces de l’ordre, des étudiants, des lycéens, et des chercheurs venus accueillir leur ministre de tutelle appellent à sa démission et dénoncent la précarité dans laquelle les abandonne le ministère.

La liste commence à être longue, des griefs accumulés par les universitaires contre la ministre : entre ParcourSup et le renforcement de la sélection à l’entrée à l’université, l’augmentation des droits d’inscription, la précarisation des personnels enseignants-chercheurs, la loi LPR qui construit méthodiquement le projet d’un financement par le privé des laboratoires de recherche, et les conditions de travail dans la situation de crise sanitaire, les raisons de la colère s’accumulent face au mépris de la ministre, qui préfère visiter des préfectures - ou des plateaux télé, lorsqu’elle adresse des insultes aux enseignants-chercheurs.

Et si la ministre prise dans une polémique suite à ses propos sur « l’islamogauchisme » qui « gangrènerait l’université », plus de 600 universitaires ont demandé sa démission dans une tribune publiée dans Le Monde a tenu à affirmer que sa « priorité, ce sont les étudiants », l’annonce de la gratuité prochaine des protections périodiques pour toutes fera difficilement oublier que, alors que les facs sont fermées depuis près d’un an, le gouvernement ne propose que des mesures cosmétiques pour répondre au mal-être de la jeunesse. Des chèques-psys qui masquent mal l’incurie de la politique de santé publique menée par le gouvernement quand les travailleurs du médico-social sont en sous-effectif et que l’hôpital est maintenu sous l’eau par manque de moyen, des repas à 1 euro qui se sont révélés être une immense arnaque, et pas grand-chose d’autre sinon une offensive réactionnaire et autoritaire donc contre l’« islamogauchisme » à l’université

Comme l’explique une post-doctorante, si quelque chose continue à se faire malgré la situation, malgré les directives du ministère qui changent tous les 15 jours et par voie de presse, c’est parce que les enseignants portent à bout-de-bras la continuité du fonctionnement de l’université, sur le modèle de ce qui se passe à l’Education nationale. Il s’agit de dénoncer le discrédit de ces instances de décision, qui n’ont de cesse de démontrer à tout le monde qu’elles ne servent à rien, sinon à la répression, et que ce sont uniquement les personnels de l’enseignement qui rendent possible la continuité pédagogique. La bourgeoisie a assez profité du vertige de la verticalité, à nous de lui donner le tournis.




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