^

Politique

La deuxième ligne en colère

« Vous vous vivez avec 800€ par mois ? » : une ex-chômeuse remet Elisabeth Borne à sa place à Vitry

Ce lundi, Elisabeth Borne était à Vitry pour présenter le plan du gouvernement sur l’emploi. Alors que la réforme de l’assurance-chômage entre en vigueur en octobre et que le gouvernement veut inciter les chômeurs à accepter des emplois précaires, une ex-chômeuse l’a remise à sa place.

mardi 28 septembre

Crédit photo : AFP

C’est France Info qui raconte la scène. Hier, Elisabeth Borne se déplaçait au Pôle Emploi de Vitry-sur-Seine dans le cadre de la présentation des mesures du gouvernement sur l’emploi. A savoir des cadeaux au patronat, une contre-réforme de l’assurance-chômage qui va réduire considérablement les allocations chômage et de vagues appels à l’ouverture de négociations salariales.

Alors que le gouvernement appelle les chômeurs à traverser la rue pour prendre des emplois vacants souvent mal rémunérés et précaires, une chômeuse ayant récemment retrouvé du travail a interpellé la ministre du Travail en critiquant les propositions de Pôle Emploi. « Les sous-emplois, j’en ai trouvé, AVS [Auxiliaires de Vie Scolaire], Atsem [agent territorial spécialisé des écoles maternelles], etc. Je pourrais même être femme de ménage demain ! » a-t-elle expliqué.

La ministre du Travail s’est empressée de répondre de façon démagogique : « Je ne sais pas si on peut parler de sous-emploi puisqu’il y a tout de même des gens dont c’est le métier. » Elle a immédiatement reçu une réponse pleine de dignité et de conscience de classe : « Mais vous, vous vivez avec 800 euros par mois ? Bien sûr que ce n’est pas un sous-emploi, je considère ces personnes-là pour avoir travaillé avec elles mais pas le salaire qu’on leur donne. L’aide à la personne, l’aide à domicile etc. On a vu pendant la pandémie qu’on en avait besoin et on ne leur donne pas le salaire adéquat. »

Alors que le gouvernement veut « inciter » les chômeurs à reprendre le travail en leur coupant les vivres ou en leur promettant des miettes, comme cette défiscalisation des pourboires par carte bancaire annoncée par Macron, la pandémie a fait éclater en pleine lumière la centralité des travailleurs. Un sentiment qui anime différents conflits qui ont éclaté récemment, des travailleurs du nettoyage de Jussieu aux grévistes du transport de Transdev, et qui peut être le carburant d’une contre-offensive de notre classe face aux attaques que le gouvernement prépare.




Mots-clés

Réforme de l’assurance chômage   /    Précarité   /    Chômage   /    Politique