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La Izquierda Diario
27 de septembre de 2021 Twitter Faceboock

Grève pour les salaires
Neuhauser : profits records pour le patron, grève massive pour de véritables hausses de salaires
Rafael Cherfy, responsable section CGT Chronodrive

Lundi 27 septembre, les salariés de Neuhauser sont entrés en grève contre une direction méprisante qui propose une augmentation dérisoire des salaires de 1,2 % alors que le groupe connaît une année exceptionnelle. Dans un contexte de hausse des prix les grévistes se mobilisent pour des salaires dignes et pour revendiquer l’égalité salariale entre hommes et femmes.

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Les raisons de la colère

Appartenant aux « secteurs essentiels », l’entreprise de boulangerie industrielle Neuhauser fait partie de ces entreprises restées en activité pendant la pandémie, laissant ses employés en « deuxième ligne », avec des conditions de travail dégradées et des cadences intensifiées pour répondre à une demande croissante. En pleine crise, Neuhauser a connu sa meilleure année avec un EBITDA (revenus d’une entreprise avant intérêts, impôts, taxes, provisions et dotations aux amortissements) de 150 millions d’euros. Or, lors des dernières NAO (Négociation Annuelle Obligatoire), malgré les bénéfices engrangés, la direction a proposé une hausse des salaires ridicule de 1,2 %. Une véritable provocation quand on sait que le coût de la vie a lui augmenté de manière beaucoup plus importante.

Pourtant de l’argent il y en a avec les 10 plus gros salaire de la boite qui se sont augmentés de 30 000 euros accompagné de primes de plus 10 000 euros. Face à ce mépris, les salariés revendiquent légitimement des augmentations de salaires à 2000 euros minimum, et une prime de 1000 euros contre celle de 400 euros que propose la direction pour calmer la colère. Les grévistes revendiquent par ailleurs une crèche et une égalité réelle des salaires entre les femmes et les hommes, dont les écarts de salaires en moyenne peuvent aller jusqu’à 21 %.

Une grève massive appelée à s’étendre à différents sites

La grève qui a démarré ce lundi 27 septembre est très majoritairement suivie. Les salariés ont débrayé une heure par service (avec 3 équipes en 3/8) à l’appel de la CGT Neuhauser rejointe par FO, ce qui impacte la production même plusieurs heures après la grève. Si la direction a refusé d’arrêter les lignes de production, en envoyant les cadres de l’entreprise remplacer les grévistes et en faisant appel, illégalement, à 3 intérimaires pour tenter de casser la grève, l’impact sur la production est important. L’entreprise a perdu plus d’une tonne de produits suite à la mobilisation, du fait d’un manquement aux conditions d’hygiène, brisant la chaîne de froid et n’effectuant pas les contrôles qualité nécessaires.

Les grévistes s’organisent pour étendre le mouvement aux autres sites industriels du groupe. Partie de Moselle et de Ploërmel en Bretagne, la mobilisation contamine dès le deuxième jour d’autres sites de Neuhauser comme celui de Maubeuge ou encore Reims.

Une mobilisation d’autant plus massive que les salariés ont développé une tradition de lutte, les grèves précédentes ayant permis d’arracher des victoires ces dernières années. Les salariés s’étaient en effet déjà mobilisés sur plusieurs sites pour réclamer la prime Covid en juin 2020, qu’ils avaient arrachée après 10 jours de grève sur trois sites différents. Plus récemment, ils ont aussi fait reculer la direction par une grève contre le licenciement abusif d’un salarié, qui a finalement été réintégré.

Pour une hausse des salaires face à la montée des prix

Au-delà des négociations locales, la question des augmentations de salaire prend de l’ampleur, d’autant plus qu’on assiste à une augmentation du coût de la vie ces derniers mois. Les prix de l’énergie explosent. Pour le gaz, il a été annoncé le 27 septembre que les tarifs réglementés vont de nouveau augmenter de 12,6% au 1er octobre. L’électricité aussi risque de connaître une hausse de 10 % pour début 2022 et connaît déjà une augmentation de 74 % entre 2007 et 2021. Quant au prix de l’essence, la hausse est quasiment continue depuis le début d’année avec une augmentation de 13,1% du gazole et de 15,8% du SP95 de 15,8 %. L’augmentation des prix concerne aussi les produits alimentaires avec des fruits et légumes qui augmentent en moyenne de 34% sur les douze derniers mois et le blé qui augmente de 26 % en une année avec 39 % pour les huiles.

Face à l’augmentation du coût de la vie, la question des salaires se pose d’autant plus que la période de pandémie a vu les inégalités sociales se creuser, le patrimoine cumulé des 500 premières fortunes française augmentant de 30% pendant que les travailleurs connaissaient des baisses de salaires et des plans de licenciements. Des secteurs comme l’agroalimentaire ou la grande distribution ont même profité de la crise mais n’ont donné aucune reconnaissance réelles à leurs salariés, à l’image la prime Covid au rabais.

La colère qui existe chez Neuhauser est ainsi ressentie dans d’autres secteurs du monde travail, comme en témoigne l’exemple de l’aéronautique ou des grèves très suivies ont éclaté avant l’été aux Ateliers de la Haute Garonne, à Daher ou encore à Airbus Defense & Space.

De même que les travailleurs de Neuhauser, la grève des travailleurs du transport de Transdev témoigne d’une colère et d’une combativité des travailleurs de la « deuxième ligne » qui refusent de payer le coût de la crise après avoir été les « héros » de la pandémie.

 
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