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La Izquierda Diario
27 de septembre de 2021 Twitter Faceboock

Des miettes
Coup de gueule : « pourboires défiscalisés : une arnaque pour ne pas augmenter nos salaires ! »
Julien Anchaing

Arnaque à la carte pour les salariés précaires de la restauration. Sous les applaudissements du MEDEF, Macron propose de défiscaliser les pourboires payés par carte pour éviter d’augmenter les salaires.

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Emmanuel Macron a annoncé ce 27 septembre que nos clients dans la restaurations pourront payer par carte bancaire nos pourboires et qu’ils seront défiscalisés. « Sans charges pour les employeurs et sans impôts pour les salariés ! », on dirait une mauvaise arnaque en spam. Ça reste pourtant la formule parfaite pour expliquer qu’on donnera des miettes aux salariés sans que nos patrons n’aient à verser un euro. Mais quand on bosse dans la restauration on a l’œil pour les arnaques.

Qu’a cela ne tienne, donnons du fond à la mesure. La majorité des salariés de la restauration sont aujourd’hui payés au SMIC, quand ils travaillent de manière déclarée, et le pourboire représente souvent un très petit complément par rapport à la cherté de la vie et aux difficultés quotidiennes. Nos patrons ont trouvé le parfait filon grâce à Macron : pourquoi augmenter nos salaires si on vient tout juste de nous faire un énorme cadeau, aussi ridicule qu’aléatoire ?

La majorité d’entre nous, les petites mains de la restauration, vit dans des conditions de précarité ou de pauvreté. Le SMIC règne : les plongeurs sont sous-payés, souvent non déclarés parce que plus faciles à cacher en cas de contrôle, les commis vivent dans la menace de ne pas être renouvelés et sont très souvent maltraités par leurs employeurs et les serveurs sont généralement des salariés (dans les grandes villes pour beaucoup étudiants) qui oscillent entre CDD de quelques mois, heures non déclarées et extras. On fait souvent des tests : après 2 CDD, plutôt que de te proposer un CDI, on coupe un mois le travail pour te rembaucher en tant que saisonnier. Du côté des extras, on court d’un restau à l’autre pour essayer de gérer la fin du mois, parfois en signant toutes les semaines voire tout les jours un nouveau contrat. Des extras travaillent souvent 40 heures par semaines en accumulant des contrats dans plusieurs restaurants différents !

Pendant près de 8 mois j’ai travaillé trois soirées par semaine dans un restaurant chic de Toulouse. Je signais toutes les semaines un nouveau contrat, et dépendais constamment du besoin du patron. “Ce soir on prévoit moins de monde” voulait dire 70 euros de moins sur mon compte ce mois là. Les salaires sont différents tous les mois, de quoi vivre constamment dans une instabilité : des mois où on touche 700 euros, d’autres 300. Parfois, pour une réflexion ou une réponse au patron, on peut être “puni” pendant 1 mois et ne pas être rappelé.

Le pire dans tout ça, c’est que beaucoup de patrons décident de ne pas verser de pourboires aux salariés qui n’ont pas de CDI, et encore moins pour les extras, “ça énerverait les gars tu comprends”. Encore une mauvaise blague de Macron et du MEDEF pour ne pas augmenter nos salaires, en se servant des clients comme caution. Pas d’aumône pour nous, augmentez nos salaires !

 
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