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1er de octobre de 2021 Twitter Faceboock

Chômage
Emploi : Castex annonce de nouveaux cadeaux au patronat et confirme sa contre-réforme de l’assurance-chômage
Hélène Angelou

Jean Castex présentait ce lundi son « plan compétences », un investissement dans la formation professionnelle visant à résoudre la prétendue « pénurie de main d’œuvre » et nourrir la relance. Une mesure qui fait à nouveau des chômeurs les responsables du chômage, dans la continuité de la réforme de l’assurance-chômage, et qui va de pair avec de nouveaux cadeaux au patronat.

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Crédits photo : Sebastien SALOM-GOMIS / AFP

Ce lundi, Jean Castex défendait dans un entretien aux Echos la politique de relance par l’offre du gouvernement, comprendre les milliards de cadeau au patronat. Alors que celui-ci se plaint d’une prétendue « pénurie de main-d’œuvre », Castex annonçait ce lundi de nouvelles mesures sur ce terrain.
 

Un investissement de 1,4 milliards dans la formation professionnelle pour pallier les difficultés de recrutement

 
C’est donc un investissement de 1,4 milliards dans la formation professionnelle qu’a annoncé Jean Castex qui vise à renforcer les formations en entreprises. Il consiste principalement à « donner aux entreprises les moyens de former elles-mêmes les demandeurs d’emploi par le biais des Préparations opérationnelles à l’emploi (POE) de moins de 400 heures », comme l’a détaillé le premier ministre. Un dispositif déjà existant qui consiste à payer aux entreprises la formation de chômeurs dont les compétences ne correspondent pas exactement à leurs attendus et que le gouvernement souhaite renforcer par un investissement à hauteur de 210 millions d’euros pour former 50 000 personnes.
 
Le dispositif sera par ailleurs complété par le renforcement et l’extension de l’aide à l’embauche d’alternants par les « contrats de professionnalisation pour adulte », une mesure déjà mise en place dans le plan « 1 jeune, 1 solution ». Un contrat très intéressant pour le patronat puisque sous couvert de formation il permet de rémunérer les travailleuses et travailleurs en dessous du salaire minimum.. En complément, Castex a annoncé un investissement à hauteur de 600 millions dans les PME pour former leurs salariés.

Aides aux entreprises en échange d’une formation sans contrepartie sur la nature de l’emploi et sa durée, contrats dérogatoires au Code du Travail, une nouvelle fois, ce sont de véritables cadeaux au patronat qu’a annoncé le premier ministre.
 

Une mesure qui accompagne la réforme de l’assurance chômage

 
Ces annonces accompagnaient par ailleurs la confirmation par Castex de l’entrée en vigueur étagée de la réforme de l’assurance chômage à partir du 1er octobre. Cette réforme néolibérale d’ampleur vise à diminuer le niveau des indemnités chômages par un nouveau mode de calcul. Une attaque en règle contre le monde du travail et une véritable chasse aux chômeurs qui renforce la précarité et la pauvreté et accroît la pression sur les travailleurs.

Et pour cause, comme l’a rappelé Castex ce lundi, cette contre-réforme vise à « inciter à la reprise de l’emploi » et « faire en sorte que l’activité rémunère plus et mieux que la non activité ». Elle repose ainsi sur le mythe du « chômeur volontaire » qu’il faudrait sortir de l’oisiveté. L’idée d’une « pénurie de main d’œuvre » va dans le même sens. Or, comme le souligne Libération , contrairement à ce récit : « le nombre d’emplois vacants, soit 264 000 (en progression de 50 % sur une année, selon les derniers chiffres de la Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques), reste largement inférieur au nombre de demandeurs d’emploi en catégorie A (sans aucune activité). Il y a aujourd’hui un poste vacant pour treize chômeurs ».

Une « politique de relance » qui fait payer le coût de la crise aux travailleurs 

 
 Les annonces de ce lundi entendaient dessiner le volet emploi de la politique de relance du gouvernement. En la matière le premier ministre a défendu « agir sur trois leviers » : la réforme de l’assurance-chômage, la formation professionnelle et… l’attractivité de l’emploi.
 
L’occasion pour le premier ministre de parler de la fameuse question des salaires. Or, sur ce point le gouvernement n’entend évidemment surtout pas contraindre le patronat. S’il est à l’offensive contre les droits des chômeurs, Castex s’est contenté d’évoquer l’ouverture de négociations sur les salaires par branches, laissant au patronat la liberté de décider le niveau acceptable d’éventuelles augmentations. Une promesse qui n’engage donc à rien le gouvernement, qui fait tout par ailleurs pour promouvoir des alternatives aux hausses de salaires. Après la fameuse prime Macron défiscalisée, le Président a ainsi annoncé vouloir défiscaliser les pourboires dans la restauration. Une miette dans un secteur où le droit du travail est contourné systématiquement et les salaires dérisoires.
 
A l’inverse, face aux faibles hausses de salaires et à la dégradation de leurs conditions de travail, la deuxième ligne relève la tête dans différents secteurs. Ainsi, on a pu voir plusieurs grèves locales émerger sur ces questions. Outre la grève chez Orange la semaine dernière, les salariés de Neuhauser sont entrés en grève pour une revalorisation salariale à la hauteur de la hausse des profits de leur patron, tandis qu’à Transdev la grève s’étend contre la dégradation des conditions de travail. Face à la relance patronale et à la volonté de faire payer la crise aux travailleurs, ces luttes montrent la voie.

 
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