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Lutte à Beaubourg

11 jours de grève au Centre Pompidou : les salariés obtiennent des avancées !

Alors qu’une partie du personnel technique et administratif du Centre Pompidou est en grève depuis le 27 mars, en réponse à l’appel lancé par les syndicats FO et l’UNSA, le 6 avril, après une onzième journée de grève, le personnel a été reçu par le ministère de la Culture et de la Communication.

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Après une première mobilisation le 9 mars, une part du personnel du centre est en grève depuis le 27 mars contre l’application d’un décret proposé par le ministère de la Fonction Publique, qui modifierait leur statut de contractuel en fonctionnaire. A priori, on pourrait croire à une amélioration de leur statut, mais en allant plus loin on devine l’impact que cela produirait sur leurs salaires et leurs carrières. Un tel changement accentuerait également les inégalités entre, CDD, intérimaires, vacataires et fonctionnaires.

Après une lutte de trois semaines en 2009 qui a conduit à la fermeture du centre durant toute la durée de la lutte, les salariés, en tenant le piquet de grève, ont obtenu une valorisation de leurs salaires et d’autres acquis. Aujourd’hui, le statut de fonctionnaire provoquerait une baisse considérable de leurs revenus (ils perçoivent aujourd’hui 20% à 30% de plus que ce qu’ils devront percevoir après l’application de cette loi). Ainsi, le personnel aurait un statut de fonctionnaire qui comprend une grille d’indices de salaire et d’avancements qui ne donne pas beaucoup de perspectives... Ce décret applicable dès le 1er avril devrait concerner les futures embauches, et laisser le choix aux contractuels actuels de devenir fonctionnaire ou non.

Les salariés peuvent choisir entre rester contractuels, ou devenir fonctionnaires. Mais ce qui est inquiétant, c’est de ne pas savoir ce qu’il adviendra pour celles et ceux qui souhaitent rester contractuels, risquent-ils d’être licenciés ? Et pour celles et ceux qui obtiendront le statut de fonctionnaire, perdront-ils tous les acquis qu’ils ont réussi à obtenir ? Mais encore, qu’adviendra-t-il des nouvelles recrues à qui on ne laisse pas beaucoup de perspectives ? Les salariés du Centre Pompidou se sont organisés autour de ces questions, et se sentent autant concernés pour leur avenir que pour celui des autres, tout comme pour le devenir du Centre Pompidou.

Le ministère de la Culture et de la Communication s’est étonné d’une telle réaction de la part des salariés, qui ont le choix aujourd’hui, alors que ce décret s’appliquera automatiquement pour les prochaines recrues. La direction s’interroge : comment se fait-il qu’on puisse se mobiliser pour les autres et pas uniquement pour son intérêt personnel ? Oui, effectivement, c’est difficile d’imaginer un tel élan de solidarité, quand on ne connait que la loi du plus fort dans son palais doré.

Mais pourquoi imposer une telle mesure alors que rien n’avait été revendiqué par les salariés ? On voit bien que le statut de fonctionnaire arrange le gouvernement lorsqu’il s’agit de faire des économies. Le ministère de la Culture et de la Communication doit faire des économies, et si pour cela il faut rabaisser les conditions de vies des salariés, qu’importe.

Au onzième jour de grève, les salariés du Centre Pompidou se sont donnés rendez-vous devant Matignon. Ainsi, ils ont été reçus par le ministère de la Culture et de la Communication. Ce rendez-vous est sans nul doute dû à la pression qu’a effectuée la grève, chaque jour le Centre accueille entre 15000 et 18000 personnes. Et, une fois par an il reçoit un évènement organisé par la société des « Amis du Musée National d’Art Moderne », qui réunit 850 personnes, et qui récolte des fonds d’un montant d’une hauteur de 500000 euros, cette année ils doivent célébrer les 40 ans du musée.

Après les négociations, Jérôme Legavre (secrétaire général de FO) énonce les garanties qu’ils ont pu obtenir : « Il va être écrit noir sur blanc que l’administration, la direction de Beaubourg ne pourra pas licencier un agent qui choisirait contractuel […] Pour ceux qui choisiraient de devenir fonctionnaires, un instance de négociation sera créée afin de discuter des modalités de ce nouveau statut (ABC).[…] On a obtenu pour tous les groupes le maintien de la rémunération à 100%. Ceci dit, ça ne lève pas toutes les questions […] d’avancements, et c’est la raison pour laquelle le fait qu’il y ait cette instance de négociation va nous permettre de poursuivre les discussions. »

Nous saurons dans le courant de la matinée si les salariés auront décidé de reconduire la grève, en prenant en compte le fait qu’il n’y ait toujours pas de solutions s’agissant de l’avancement (suivant la catégorie A, B ou C), qui pourrait être préjudiciable sur l’évolution de carrière.


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