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Chasse anti-migrants

Agressions et viols aux frontières grecques : une politique de l’horreur contre les migrant·e·s

Une enquête de Médiapart relève l’enfer des violences sexuelles pour les migrants et les migrantes aux frontières. Contre les violences sexistes et racistes de l’Europe Forteresse, revendiquons l’ouverture des frontières !

Eugénie Tobhnom

15 novembre 2023

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Agressions et viols aux frontières grecques : une politique de l'horreur contre les migrant·e·s

Crédits Photo : Orangemania CC BY 2.0 DEED

Le 3 novembre dernier, Médiapart publiait un article témoignant de la violence des agents de sécurité aux frontières envers les migrants et migrantes passant les contrôles. L’article de Médiapart rapporte les témoignages glaçants de migrants et migrantes ayant tout quitté, fuyant les persécutions, les guerres, les crises sociales et humanitaires pour arriver en Europe où le cauchemar continue.

L’un des premiers témoignages est celui de Clémentine Ngono*. Elle y raconte l’accueil effroyable, entre menaces, viols et humiliations corporelles, qu’ils ont subi à leur arrivée sur les côtes de l’île grecque de Samos. Comme le pointe Médiapart, « des garde-côtes les ont arrêtés et un groupe d’hommes encagoulés les ont embarquées. Les personnes ont été mises à genoux puis, une par une, ont reçu l’ordre de se lever et de se déshabiller devant tout le monde ». Clémentine Ngono précise : « Ils nous fouillaient partout… c’est ainsi qu’il a mis sa main dans mon vagin et dans mon anus ». Tout le groupe a ainsi été [fouillé, violé avec les mêmes gants, leurs effets personnels ont été volés et ils ont été refusés à la frontière, les obligeant à retourner en Méditerranée.

Ces témoignages sont loin d’être les seuls. Bien au contraire, depuis plusieurs années de nombreux rapports décrivent les mêmes faits de violences, d’agressions et de viols. Déjà en 2021, Meral Şimşek, poétesse kurde, arrive en Grèce après avoir fui son pays à la suite des nombreuses persécutions qu’elle subissait de la part des autorités turques. Accompagnée de Dicle, femme syrienne, elles se font interpeller par la police grecque. Toujours selon Médiapart, les policiers ont forcé Meral à se déshabiller et aurait fouillé ses parties génitales. Elle raconte qu’« ils ont regardé directement dans mon vagin ». Pour Dicle, leur « but était de nous humilier ». Ces témoignages terrifiants relèvent d’une politique consciente de l’horreur par l’humiliation et la violence pour les dissuader d’accoster sur les côtes européennes. Depuis plusieurs années, cette politique a été généralisée largement avec un durcissement par la violence de l’accueil des migrants. 

Des tactiques d’horreur pour dissuader d’accoster sur les côtes européennes

En 2021, un rapport de sept ONG européenne faisait l’état du caractère systémique et généralisé du refus aux frontières, et ce par les violences physiques et sexuelles principalement

Aujourd’hui encore, plusieurs organisations font l’état de ces pratiques inhumaines aux frontières européennes. Le Comité contre la torture du Conseil de l’Europe, Le Border Violence Monitoring Network, coalition d’organisations non gouvernementales, et Médecins sans frontières ont eux aussi recueilli différents témoignages et actes d’humiliations et de violences. 

Dans leur rapport du 2 novembre dernier, Médecins sans frontières ont recensé 56 témoignages entre aout 2021 et juillet 2023 à Lesbos et Samos, îles grecques. Ils rapportent que les migrants auraient été : « soumis·e·s à des traitements dégradants et violents, les poignets et les chevilles attachés par des liens en plastique, ont été battu·e·s avec des matraques et des bâtons, injurié·e·s et forcé·e·s de subir des fouilles corporelles intrusives devant des inconnus ».

Frontex, entreprise privée qui joue le rôle de police privée de l’Europe avec un financement de 1 milliard d’euros par an et 2000 gardes-frontières dans 20 pays (un chiffre qui devrait atteindre les 10 000 agents en 2027), a été interrogée sur ces pratiques d’humiliations et a elle-même reconnu les faits dans plusieurs rapports depuis 2018.

De plus, ces violences mettent en lumière les politiques racistes, sexistes et impérialistes des États européens qui sécurisent et militarisent toujours plus les frontières pour se protéger de leurs principales « ennemies », qui sont d’après Vergès, les immigrés et surtout les musulmans ou assimilés comme tel. Dans ce sens, les États se donnent le droit de choisir de qui peut vivre et qui doit mourir pour continuer d’imposer leur pouvoir impérialiste

Contre l’Europe Forteresse, Frontex et les violences sexuelles sur les migrant·e·s, organisons-nous pour l’ouverture des frontières !

La violence aux frontières est permanente et a des conséquences désastreuses sur les migrants qui cherchent un accueil au péril de leurs vies. C’est notamment ce qu’a montré le scandale humanitaire de juin dernier où plus de 500 migrants sont morts, sous le regard de l’Europe complice dont les autorités avaient refusé d’intervenir pour leur porter secours.

Et ces politiques ne cessent de se renforcer, les gouvernements européens ont pour objectif de renforcer la sécurité aux frontières. Début octobre, les États de l’Union Européenne, à l’exception de la Hongrie et de la Pologne, se sont réunis pour scellé leur objectif autour de la finalisation du Pacte Asile et Immigration : au programme renforcement des frontières, camps de rétention et externalisation des frontières. C’est-à-dire la mise en pratique aux frontière d’une police encore plus armée et toujours plus violente alors qu’on rapporte déjà des violences sans nom.

Il en est de même pour la France qui accélère sur les lois anti-migrants. Nous avons passé un nouveau stade avec le passage au Sénat de la loi immigration. Entre la restriction sur le regroupement familiale, l’instauration de quotas migratoire, la suppression de l’aide médicale de l’Etat, le gouvernement veut rendre la vie des immigrés plus impossible qu’elle ne l’est déjà. Cette loi représente une attaque d’ampleur envers la vie de tous les immigrés.

Les méthodes d’humiliation et d’agressions constantes des migrant·e·s sont des conséquences directs des politiques déshumanisantes des États européens qui cherchent, par une politique de la peur, à dissuader d’accoster sur ses côtes. Contre la généralisation de ces pratiques ainsi que l’accélération des politiques réactionnaires, sexistes et racistes en Europe, il va falloir construire un mouvement d’ensemble pour revendiquer la fin des lois réactionnaires comme celle du Pacte Asile et Immigration, ou encore la Loi Immigration défendu par Darmanin au Sénat et à l’Assemblée. C’est par ce mouvement que nous pourrons exiger l’ouverture de toutes les frontières ainsi que l’accueil inconditionnel des personnes migrantes. 


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