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Un système Ciotti ?

Cumul d’emplois « non déclarés » : Eric Ciotti à nouveau mis en cause

Le président des Républicains, Éric Ciotti, est accusé par la Chambre régionale des comptes de « cumul d’emplois » pour six de ses collaborateurs. Une affaire faisant suite aux accusations visant son ex-compagne qui vient illustrer une nouvelle fois le « système Ciotti ».

Roxane Sinigaglia

15 décembre 2023

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Cumul d'emplois « non déclarés » : Eric Ciotti à nouveau mis en cause

Crédits photos : Frantogian, Creative Commons

Dans un rapport dévoilé ce vendredi 15 décembre, la Chambre régionale des comptes de Provence Alpes-Côtes d’Azur, organe régional de la Cour des Comptes, révèle les « cumuls d’emplois non déclarés ou non autorisés » au sein du bastion politique d’Éric Ciotti. En effet, alors que « quatre collaborateurs du cabinet et deux agents de la collectivité » occupent un emploi à temps partiel au sein du conseil départemental des Alpes Maritimes, anciennement dirigé par Éric Ciotti, et un emploi à temps partiel en tant que collaborateurs parlementaires de ce dernier, ce cumul d’emplois n’est autorisé que sous certains critères, qui n’étaient pas fournis par les personnes accusées, utilisant l’excuse de la « méconnaissance (…) de leurs obligations administratives ».

Alors que Charles-Ange Ginésy, nouveau président du conseil départemental des Alpes maritimes nommé par Éric Ciotti, a répondu que « les quelques cumuls d’activité en vigueur au sein de la collectivité ont fait l’objet d’une régularisation et sont pleinement conformes à la réglementation en vigueur », on constate toujours, dans la dernière liste des membres du cabinet, la présence de deux personnes également collaboratrices parlementaires du président LR. Et tandis que Ciotti affirmait déjà l’année dernière que ces cumuls étaient effectués « dans le strict respect du cadre légal et réglementaire », la Chambre des comptes n’est pas du même avis.

Une armada de conseillers à sa botte payés aux frais du contribuable

Ce signalement de la part de la Chambre des comptes souligne plus largement la légion de conseillers qu’Éric Ciotti s’est construit autour de lui, lui permettant de garder la mainmise sur le conseil départemental des Alpes Maritimes. Il est entouré de pas moins de cinq assistants, là où 60% des députés n’en emploient que deux ou trois. Le président des Républicains a aussi placé à la tête du département Alpes-Maritimes son valet, l’ancien député Charles-Ange Ginésy, lorsqu’il a dû quitter la présidence en 2017 dans le cadre de la loi de non-cumul des mandats pour garder son poste de député.

Éric Ciotti conserve par ailleurs trois autres postes dans la région : conseiller départemental de la Tourrette-Levens, président du groupe majoritaire à l’Assemblée départementale et président de sa commission des finances. Ce dernier poste « lui donne un regard privilégié sur les choix d’investissement de son département, département qu’il représente dans pas moins de onze syndicats mixtes et conseils d’administration d’organismes locaux », souligne Le Monde. En plus de s’entourer d’un nombre important de conseillers sous prétexte qu’ils travaillent à temps partiel sur le dos des contribuables, Éric Ciotti occupe donc toujours une place majeure au sein du département des Alpes-Maritimes.

Ciotti : un système qui s’inscrit

Cette affaire n’est pas la première affaire de corruption qui concerne Ciotti. Elle s’ajoute aux découvertes du Canard Enchaîné en 2022 à propos des cumuls de son ex-épouse, qui aurait « occupé jusqu’à trois emplois en même temps ». Le Parquet national financier avait ouvert une enquête pour détournement de fonds publics en novembre.

Une affaire qui n’est pas sans rappeler celle des emplois fictifs de Pénélope Fillon qui avait agité la scène politique française en 2017. En effet, elle s’inscrit plus largement dans les faits de corruption de la classe politique française, à l’image de l’affaire Bygmalion ou des détournements de fonds par Marine Le Pen et 25 députés RN, qui feront l’objet d’une enquête en 2024.

Cette nouvelle accusation n’est que l’arbre qui cache la forêt. Tandis que nombreux au sein de la classe politique brassent et détournent des millions d’euros, et votent dans le même temps des politiques austéritaires et anti-sociale, ils restent la plupart du temps impunis. Si pour l’heure, la justice ne s’est pas saisie du cas Ciotti, elle ne manque pourtant pas de mettre en prison des jeunes pour avoir volé un paquet de pâtes dans un supermarché. Une nouvelle illustration éclatante du deux poids deux mesures d’une justice au service des classes dominantes.


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