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Pour des augmentations de salaires !

Fonction publique : le 19 mars doit servir à construire une grève dure !

Ce mardi 19 mars, l’intersyndicale appelle l’ensemble de la fonction publique à la grève pour les salaires. Face aux attaques qui s’aggravent contre le service public, cette journée ne doit pas rester isolée et doit servir à construire un plan de bataille d’ensemble pour le monde du travail.

Léo Stella

17 mars

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Fonction publique : le 19 mars doit servir à construire une grève dure !

Crédit photo : Force Ouvrière CC BY-NC 2.0 DEED

L’intersyndicale de la fonction publique (CGT, FO, CFDT, UNSA, FSU, Solidaires, CFE-CGC et FA-FP) a appelé début février à une journée de grève ce mardi 19 mars sur la question des salaires. Depuis, d’autres secteurs ont rejoint l’appel à la grève, comme l’Éducation, et le 19 mars rassemblera les trois versants de la fonction publique (Etat, hospitalière et Territoriale). Cet appel large de l’ensemble des fonctionnaires est une première depuis 5 ans et l’expression d’une profonde colère à la base. Les 25 dernières années, les fonctionnaires ont subi une paupérisation accélérée, avec une perte de -29.9% de la valeur du point d’indice de la fonction publique par rapport à l’inflation. Une baisse des salaires réels que la très forte inflation ces deux dernières années n’a fait qu’approfondir, alimentant la volonté de se battre.

Salaires, rémunération au mérite et austérité : les travailleurs de la fonction publique attaqués de tous les côtés

L’offensive sur les salaires n’est cependant que la pointe émergée de l’iceberg d’une large offensive néo-libérale qui touche le secteur et que le gouvernement compte bien accentuer. Les pistes annoncées par l’exécutif sont claires : attaquer le statut de fonctionnaire et continuer la casse des services publics. Alors que ces derniers sont déjà dans une situation catastrophique, les annonces austéritaires de Bruno Le Maire vont couper toujours plus dans les budgets alloués aux différents secteurs de la fonction publique et creuser un sous-effectif toujours plus important.

Sur les dix milliards, Bercy veut notamment supprimer 800 millions d’euros sur la masse salariale des fonctionnaires d’État. Des coupures budgétaires auxquelles vont s’ajouter les vingt milliards d’économies supplémentaires prévues pour 2025. A cela s’ajoute la prochaine réforme de la fonction publique, annoncée comme un acte II de celle de 2019 avec pour objectif de détruire le statut du fonctionnaire. La réforme Guérini aura comme axe central la mise en place de la rémunération au mérite se calquant ainsi sur le modèle du privé en mettant les travailleurs en concurrence.

Au-delà de l’offensive contre le statut de fonctionnaire, c’est aussi le moyen pour l’exécutif de mettre en place une logique méritocratique et individuelle. Face à la crise de la fonction publique, conséquence des politiques menées par les gouvernements de droite comme de « gauche », il s’agit pour l’exécutif de donner plus de pouvoir à l’administration d’Etat, pour accélérer la privatisation rampante de pans entiers du service public, et dans le même temps d’offrir une réponse partielle et néo-libérale sur la question des salaires, dans une logique du « travailler plus efficacement pour gagner plus ».

Pour les salaires et contre la casse des services publics, imposer un programme offensif

Face à un gouvernement radicalisé, les directions syndicales, CGT en tête, ont été contraintes de durcir le ton. Cela s’est incarné par le préavis de grève posé pour les JO dans la fonction publique par la direction de la CGT, rejointe dans la foulée par FO. Jeudi, ce sont l’ensemble des directions syndicales qui, lors d’une réunion au ministère de la fonction publique sur la question des salaires, ont quitté les négociations dès le début la réunion en dénonçant une « provocation » face aux manœuvres de Guérini, qui a présenté des données faussées sur les augmentations de salaires.

Pour autant, ce changement de ton est relatif et se cantonne au terrain des discours et à une logique de pression dans le cadre du « dialogue social ». Ainsi, malgré la menace d’une grève – pour l’heure théorique – dans la fonction publique pendant les JO, aucune perspective n’est posée au-delà du 19 mars. Or, il est fondamental de ne pas laisser passer l’occasion de cette date du 19 mars pour construire réel plan de bataille, qui ne peut se limiter pas à des journées de mobilisations isolées de 24 heures.

Face à un gouvernement fébrile quant à l’idée d’une mobilisation qui viendrait troubler les JO, comme l’a démontré l’annonce rapide de Guérini sur les primes, il s’agit d’enfoncer le clou pour construire une grève dure. En effet, alors que les agences de notations s’inquiètent du climat social français, les Jeux olympiques constituent, pour Macron, une occasion à ne pas manquer de redorer son image aux yeux du patronat. Une situation qui peut ouvrir une brèche dont doivent se saisir les travailleurs afin de pousser une potentielle crise à leur avantage.

Pour se faire, il faut préparer une mobilisation d’ensemble autour de revendications qui répondent aux préoccupations générales de la onction publique, et ne se limitent pas à des primes spécifiques à chaque secteur. Face à la proposition de la rémunération au mérite et à sa logique individualisante, il faut opposer une augmentation générale des salaires de 400 euros et l’indexation générale des salaires sur l’inflation. Face aux suppressions de postes et à la contractualisation massive, il est important de revendiquer la titularisation de tous les précaires et un réel plan d’embauche selon les véritables besoins des secteurs établis par les travailleurs eux-mêmes. Un tel programme permet aussi de questionner la gestion des services publics. Pour faire face à l’accélération de l’offensive néo-libérale que nous promet le gouvernement, il s’agirait de mettre en adéquation les services publics avec les besoins de la population qui, sous contrôle des travailleurs, pourrait en planifier le fonctionnement.

Plus largement, le gouvernement cherche à imposer une rhétorique guerrière, notamment autour du conflit en Ukraine, pour justifier l’austérité imposé aux travailleurs. Une dynamique parfaitement illustrée par le contraste entre les 413 milliards d’euros de dépenses prévues pour l’armée d’ici 2030 et les 10 milliards de coupes budgétaires dans les services publics. Les organisations du mouvement ouvrier doivent fermement dénoncer cette escalade militariste que cherche à imposer le gouvernement.

Construire un plan de bataille en développant l’organisation à la base

Ce programme doit être accompagné d’un plan de bataille à la hauteur des attaques, qui doit être discuté par la base des travailleurs dans des assemblées générales, qui rassemblement des travailleuses et travailleurs de tous les secteurs, de la santé à la culture. Les secteurs de la fonction publique ont connu depuis des années de nombreuses attaques et des défaites, comme lors de l’imposition des 1607 heures, qui ont pu entraîner une forme de pessimisme face à la possibilité d’arracher victoires. Les directions syndicales ont une responsabilité dans ce sentiment, notamment à cause de la stratégie de pressions et de journées isolées qui a rythmé les dernières mobilisations.

Les secteurs fer de lance de la mobilisation dans la fonction publique ont donc un rôle central à jouer pour impulser ces cadres d’organisation à la base et renverser la tendance. La mise en place d’assemblées générales réunissant les travailleurs syndiqués comme non syndiqués, afin que les travailleurs puissent discuter de leurs problématiques, du programme et du plan de bataille sera décisif pour réussir à construire une grève dure. Le secteur de l’éducation, qui cristallise depuis la rentrée les attaques anti-sociales et racistes du gouvernement, a vu le retour de mobilisations importantes, notamment dans le 93, et a dans ce sens un rôle de premier plan à jouer dans l’élargissement à d’autres secteurs de la fonction publique.

Ainsi, la date du 19 mars doit être une première base qui porte l’unité des secteurs des services publics, mais mette surtout un pied à l’étrier à une mobilisation large. Cette perspective, à quatre mois des JO, doit permettre au mouvement ouvrier de repartir à l’offensive. D’autant plus que le secteur du privé connaît lui aussi une colère face à l’inflation, et que le secteur des transports commence à poser l’idée d’une mobilisation durant les JO. Dans cette situation, le mouvement ouvrier doit se saisir de toutes les crises potentielles et à venir, et les pousser à son avantage. Pour cela, il faut rompre avec la passivité et en finir avec l’illusion qu’il est possible de gagner par le « dialogue » sans construire un véritable rapport de force.


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