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« On peut gagner ! » : 450 personnes au meeting spécial bataille des retraites de Révolution Permanente

Au lendemain de la mobilisation historique de ce 31 janvier, Révolution Permanente tenait à Paris un meeting sur le mouvement contre la réforme des retraites en présence de nombreux invités.

2 février 2023

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Crédits photo : Révolution Permanente

Ce mercredi, au lendemain de la journée de mobilisation massive du 31 janvier contre la réforme des retraites, près de 450 personnes étaient présentes au meeting organisé par Révolution Permanente à Paris pour discuter de « comment gagner contre Macron ? »

Devant une salle comble, Adrien Cornet, militant CGT TotalEnergies de Grandpuits et militant à Révolution Permanente a introduit ce meeting qui avait pour but de discuter de la stratégie pour réussir à faire plier Macron sur sa réforme des retraites. Au lendemain d’une nouvelle journée de mobilisation qui a réuni près de 3 millions de manifestants partout en France, Adrien Cornet est revenu sur le caractère historique de ce mouvement et sa profondeur : « c’est du jamais vu en France, on a encore rappelé que la classe ouvrière est loin d’être défaite. Encore mardi, pas une seule goutte d’essence ne sortait des raffineries, il n’y avait pas de métro, pas de trains, il y avait énormément de jeunes. Les secteurs du privé étaient là dans des endroits pourtant acquis à l’extrême-droite ».

Suite à cette introduction, Fernande Bagou, travailleuse du nettoyage chez Onet qui a mené une grève victorieuse en 2017 et qui était en grève ce 31 janvier avec ses collègues contre la réforme des retraites a pris la parole. Elle est revenue sur le fait que la réforme des retraites allait précariser toujours plus les travailleuses et travailleurs immigrés qui travaillent dans les métiers les plus pénibles et doivent faire face, plus que tout autre travailleur, à des retraites de misère. Elle a lancé un vibrant appel à la mobilisation : « Nous on est sorti nombreux pour manifester. Nous sommes des travailleurs immigrés précaires dans le nettoyage, dans la construction, dans l’hôtellerie-restauration ce sont des travailleurs immigrés. Si nous on sort pour se battre, pourquoi pas vous ? ».

Lorélia, militante du collectif étudiant le Poing levé est intervenue sur la dynamique de la mobilisation de la jeunesse étudiante et lycéenne contre la réforme des retraites, nettement plus mobilisée ce 31 janvier. « Cette mobilisation de la jeunesse est très encourageante car c’est ce qui fait peur au gouvernement. Ce qui fait peur c’est ce cocktail explosif qui uni la jeunesse aux travailleurs en grève ». Une mobilisation de la jeunesse qui pourrait en effet constituer un tournant majeur si elle venait à se mobiliser encore plus massivement.

Mouloud Sahraoui, élu et secrétaire du syndicat CGT Geodis Calberson IDF qui a récemment mené une importante grève pour les salaires avec ses collègues a ensuite pris la parole pour dénoncer la réforme du gouvernement. Une attaque contre l’ensemble des travailleuses et travailleurs et en particulier les femmes, « ce sont elles qui vont payer en particulier l’addition ». Le militant CGT a ensuite posé la question du plan de bataille pour battre Macron « la mobilisation du 19 et du 31 est encourageante, l’opinion est de notre côté, mais maintenant le plus important c’est de voir comment on s’organise pour aller vers la grève générale. La seule arme entre les mains de travailleuses et travailleurs, c’est la grève ».

Frédéric Lordon, philosophe, est ensuite revenu avec sa verve habituelle sur la situation sociale. Alors qu’avec Macron, « nous avons affaire à un forcené », l’intellectuel a expliqué pourquoi, pour gagner, « il n’y a pas d’autre voie stratégique que le blocage : il faut bloquer, il faut bloquer tout, il faut bloquer partout, il faut mettre l’économie à genoux », avant d’évoquer la perspective d’une société où « les travailleurs décident. »

En conclusion, Anasse Kazib est revenu longuement sur les contradictions et les enjeux d’un mouvement « bizarre ». Commençant par évoquer l’absence de la moindre prise des travailleurs et des bases syndicales sur la mobilisation, il a souligné la contradiction d’une mobilisation massive d’un côté mais avec encore trop peu de tendances à l’auto-organisation de l’autre : « pourquoi on est 1,8 million dans les rues et personne ne vient en assemblée générale ? ».

Le cheminot et militant Sud-Rail a ensuite insisté sur différents enjeux stratégiques : d’abord, la nécessité de développer l’auto-organisation pour imposer un contrôle de la base : « il faut que les travailleurs mettent un point d’honneur chaque matin, chaque jour, à chaque assemblée générale à décider si la grève continue ou si elle s’arrête ». Ensuite l’importance de développer un programme qui donne à l’ensemble des exploités envie de se battre, condition pour durcir le mouvement et construire une dynamique vers la grève reconductible, « seule possibilité de faire reculer le gouvernement. Parce que pour qu’Emmanuel Macron mette fin à son quinquennat, il va falloir bien plus que des journées de 24 h ». Une logique opposée à celle de l’intersyndicale qui cherche à limiter à tout prix la force déployée dans la rue à des journées isolées.


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