×

Santé

Grève illimitée à l’hôpital du Mans : « On met des rustines à chaque fois mais on est au bout »

Depuis le 29 février, le personnel du service des urgences de l'hôpital du Mans est en grève illimitée. Ils dénoncent les conditions de travail qui se détériorent ainsi que les conditions d’accueil des patients.

Élian Palmeran

1er mars

Facebook Twitter
Grève illimitée à l'hôpital du Mans : « On met des rustines à chaque fois mais on est au bout »

Facebook CGT CH Le Mans

Le jeudi 29 février, plus de 200 personnes se sont rassemblées à 14h30 devant l’entrée de l’hôpital du Mans (Sarthe) et ont commencé une grève illimitée à l’appel de l’intersyndicale (FO-CGT-CFDT). Le personnel se mobilise pour une prise en charge décente et de qualité pour tous les patients ainsi que des meilleures conditions de travail. Plus de 48% du personnel était en grève, selon un membre du personnel « médecins, infirmiers, internes, aides-soignants, tout le monde se mobilise, tous les corps de métiers confondus, c’est une première pour nous ».

Les patients doivent attendre des heures dans des conditions difficiles, comme nous l’explique l’un des grévistes « on a géré 20 à 30 patients psychiatrie chaque jour alors qu’on n’est pas formés pour les prendre en charge, ils restent dans des brancards ou des fois à même le sol, parfois attachés, sans intimité, dans des conditions déshumanisées ». L’établissement fait face à un afflux important de patients en psychiatrie depuis que l’Etablissement public de santé mentale de la Sarthe a fermé 42 lits à l’été 2023. Selon la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) « entre fin 2003 et fin 2020, le nombre total de lits en psychiatrie a diminué de 5 500 ». Cette fermeture a obligé les urgences du Mans à prendre en charge des patients psychiatriques, pour lesquels elles ne sont pas équipées. En plus du manque de moyens matériels, le manque de personnel rend les conditions de travail de plus en plus difficiles.

Toujours selon un membre du personnel « il n’y a plus de médecin urgentiste psychiatrique, en plus de cela on estime qu’il manque dans l’hôpital une vingtaine de pédiatres et une dizaine d’urgentistes ». Une situation tendue qui dure depuis des années : « Ça fait deux, trois ans qu’on est confronté à cette problématique, on met des rustines à chaque fois mais là on est au bout du bout ». La direction de l’hôpital, quant à elle, reconnaît la crise mais n’a pas de solutions à apporter face au manque de médecins.

La souffrance sociale se reflète directement dans les lieux de soin, exacerbée par l’augmentation des symptômes dépressifs, anxieux, des addictions et des tentatives de suicide, notamment chez les jeunes et les personnes en situation précaire. Les services de santé publics peinent à répondre à ces besoins croissants. De leur côté, les personnels soignants subissent une dégradation de leurs conditions de travail avec une forte pression.

La situation alarmante de l’hôpital du Mans s’inscrit dans le contexte de casse des services publics menée par le gouvernement. Rien que sur ces dernières années, le nombres de lits d’hôpitaux supprimés dans le but d’économiser sur le budget de la santé est affolant. Selon la Drees, entre 2003 et 2021 le nombre de lits d’hospitalisation (toutes formes d’hospitalisation confondues) est passé de 468 000 à 383 000. Alors que les mobilisations du personnel de santé se multiplient, il faut une mobilisation massive de l’ensemble du secteur pour affronter cette crise, le manque de lits ou de personnels et afin d’obtenir des améliorations concrètes telles que des augmentations de salaires, la réouverture de lits et l’obtention de moyens suffisants pour la prise en charge les patients.


Facebook Twitter
La métropole de Marseille brise la mobilisation des éboueurs : face à l'offensive anti-grève, solidarité !

La métropole de Marseille brise la mobilisation des éboueurs : face à l’offensive anti-grève, solidarité !

Toulouse. Le ménage des centres culturels de la métropole sera maintenant externalisé au privé

Toulouse. Le ménage des centres culturels de la métropole sera maintenant externalisé au privé

Sous-effectif, mépris de Total : les pompiers de la raffinerie de Grandpuits en grève reconductible

Sous-effectif, mépris de Total : les pompiers de la raffinerie de Grandpuits en grève reconductible

Trois usines Stellantis à l'arrêt : les grévistes de MA France déterminés face au chantage à l'emploi

Trois usines Stellantis à l’arrêt : les grévistes de MA France déterminés face au chantage à l’emploi

Chambéry. Journée « école morte » réussie en soutien à une enseignante contrainte de changer d'école

Chambéry. Journée « école morte » réussie en soutien à une enseignante contrainte de changer d’école

Préavis de grève pour les JO : les éboueurs exigent 1900 euros de prime et 400 euros d'augmentation

Préavis de grève pour les JO : les éboueurs exigent 1900 euros de prime et 400 euros d’augmentation

Répression à GT Solution : la direction tente de licencier un militant syndical à cinq reprises

Répression à GT Solution : la direction tente de licencier un militant syndical à cinq reprises

1er mai : une journée contrastée en décalage avec les dangers de la situation

1er mai : une journée contrastée en décalage avec les dangers de la situation