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Schneider Electric : grève sur le site de Libourne

A l’occasion des négociations annuelles obligatoires (NAO), les salariés du site Scheiner Electric de Libourne sont en grève depuis mercredi. Ils réclament une augmentation salariale conséquente, au vu des bénéfices dégagés par le site au cours de l’année 2020.

vendredi 22 janvier

Les salariés de Schneider Electric de Libourne ont tenu à marquer le coup à l’occasion des négociations annuelles collectives. Le site produit des transformateurs électriques à destination principalement d’Enedis, et exporte vers l’Europe, le Moyen-Orient, et l’Afrique du Sud. Les quelques 130 salariés qui y travaillent sont des opérateurs-monteurs de sous ensemble et sur ligne, contrôleurs-fabricateurs, monteurs-câbleurs, entre autres.

Depuis mercredi, 60% des salariés de la production sont en grève dans le cadre des négociations annuelles collectives, ouvertes le 7 janvier. Le mouvement, à l’appel de la CGT et de la CFDT et suivi par FO, vise à une nouvelle répartition de l’enveloppe de 1,5% d’augmentation annuelle.

En effet, le site a connu une augmentation du chiffre d’affaires de 8% en 2020, malgré la situation sanitaire et prévoit de voir cette augmentation portée à 20% en 2021. Pourtant, les salariés n’ont pu bénéficier de la « prime covid » malgré le maintien de l’activité et ont été soumis à des rattrapages de production les samedis et jours fériés en raison du fait que 34% du personnel était en garde d’enfants. A sa place la direction a proposé de « modifier » les chiffres de l’usine pour compenser le manque de la « prime covid » avec l’augmentation de l’intéressement et la participation, selon le représentant CGT du site « une claire magouille ». C’est pourquoi, les salariés réclament son versement à hauteur de 450 euros ainsi qu’une revalorisation de la prime d’équipe aux alentours de 100€.

Sur le site de Lattes (Occitanie), une grève a également éclaté début janvier contre la fermeture du site, mobilisant 80 grévistes, certains ayant même entamé une grève de la faim. Les salariés réclament une « prime préjudice » et des indemnités de licenciement minimales de « 25 000€ pour tous ».

Malgré une augmentation de 29,3% du cours de l’entreprise au CAC 40 en 2020, le groupe prévoit de supprimer 400 emplois. L’entreprise avait déjà liquidé deux sites héraultais : l’atelier de La Pompignane à Montpellier en 2013, puis celui de Mudaison en 2017 dont les activités avaient été transférées en Saône-et-Loire et en Ardèche, postes qui pourraient eux-mêmes être supprimés « d’ici deux à trois ans » selon la direction. Le site de Fabrègues, toujours près de Montpellier, a également fermé ses portes à la suite de deux PSE en 2015 et 2018.

Schneider souhaite ainsi délocaliser ses activités de production en Inde, en Chine, en Turquie ou en Hongrie. Depuis 2011, le nombre d’emplois au sein de Schneider France diminue en moyenne de 500 postes par an, passant entre 2011 et 2019, de 19 000 à 14 500 salariés.

Du côté de Libourne, la question du maintien des emplois se pose, car depuis plusieurs années déjà les départs à la retraite ne sont pas renouvelés, des postes sont supprimés et le taux d’intérimaire tourne autour de 50% du personnel, de quoi poser des questions pour l’avenir du site. Le mouvement de grève se poursuivra jusqu’à ce que les demandes des travailleurs soient satisfaites. Vous pouvez les retrouver sur le parvis de l’usine Schneider à Libourne, proche du lac des Dagueys.




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