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Du Pain et des Roses

Transphobie institutionnelle

Transphobie : les Texans appelés à dénoncer les parents d’enfants trans pour « maltraitance »

À l’initiative du gouverneur Républicain, les soins de transitions suivis par des mineurs au Texas doivent désormais être signalés aux services sociaux comme une forme de « maltraitance », pouvant aboutir au retrait de la garde de l’enfant à ses parents. Une attaque très grave sur les droits des mineurs trans dans un contexte d’offensive transphobe aux États-Unis.

lundi 7 mars

[Crédits photo : Christopher Lee/ New York Times]

La transphobie est devenue un des thèmes majeurs manipulés par l’extrême-droite et les forces réactionnaires aux États-Unis depuis déjà plusieurs années. Après une hausse considérable de la visibilité des personnes trans et de certaines de leurs revendications dans l’espace médiatique au cours de la fin des années 2010, les secteurs conservateurs du parti Républicain ont commencé à mener d’importantes attaques ciblant les personnes trans dans le pays.

Ces attaques ont débouché sur de nombreux projets de lois restreignant l’accès des mineurs trans aux soins de transition, interdisant aux sportives trans de participer à des compétitions féminines, ou encore interdisant la modification du sexe à l’état civil dans la plupart des États tenus par le Parti Républicain. On dénombrerait pas moins de 60 projets d’attaques sur les droits des personnes trans à l’étude dans 25 États américains pour l’année 2021, contre 40 pour l’année 2020.

Après avoir gravement attaqué le droit à l’avortement et interdit aux femmes trans de participer à des compétitions sportives féminines, Greg Abbott, gouverneur Républicain du Texas vient de signer une circulaire faisant des soins de transition de genre sur les mineurs une forme de « maltraitance », que les professionnels de l’éducation ou les soignants seraient tenus de signaler aux services sociaux, et qui pourraient conduire au retrait de la garde de l’enfant pour ses parents.

Il s’agit d’une inversion de situation comme seuls les réactionnaires en ont le secret : les soins de transition réduisent très fortement les risques suicidaires chez les personnes trans ; c’est en réalité empêcher l’accès à ces soins qui est une forme de maltraitance, d’autant que très souvent, les soins de transition proposés aux mineurs sont des bloqueurs d’hormones qui retardent simplement la puberté avec des effets secondaires minimes tout en améliorant grandement le bien être des adolescent.e.s trans. La directive a déjà permis l’ouverture d’enquêtes à l’encontre de parents soutenant leurs enfants trans, qui ont été pour le moment suspendues par la justice. On sait qu’avoir le soutien de leur famille réduit très fortement le risque suicidaire des jeunes trans : la directive texane attaque les deux facteurs parmi les plus déterminants de la santé mentale des mineurs trans.

De telles lois renforcent un climat hostile à l’encontre des femmes et des personnes LGBTI : l’obligation de signalement incite notamment le personnel de l’éducation à traquer les signes de non-conformité de genre chez les enfants, de même que l’interdiction pour les femmes trans de participer aux compétitions sportives implique le recours à d’humiliants « tests de féminité », alors que la loi anti-avortement texane incite financièrement les citoyens texans à dénoncer les médecins pratiquant ou les femmes ayant recours à des avortements, cherchant à attiser des sentiments réactionnaires dans la population.

Dans ce contexte, le Parti Démocrate au pouvoir au niveau fédéral cherche à se positionner en rempart face aux attaques contre les droits des femmes et des personnes LGBTI, mais sans réelle action au-delà des mots, et tout en continuant à mener les politiques de la bourgeoisie qui rejettent de nombreuses personnes trans dans une précarité extrême. Les droits acquis par les personnes LGBTI sont sans cesse menacés par les institutions politiques. L’émancipation des personnes trans ne pourra se faire que par la lutte aux côtés de tous les autres opprimés et de la classe ouvrière pour imposer des soins de transition libres et gratuits et une vie digne à chacun.e !



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