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Ukraine. Des soldats russes se mutinent et écrasent leur commandant après la mort de 50% de leurs effectifs

La semaine dernière, un journaliste ukrainien révélait que des soldats russes avaient délibérément écrasé en char les jambes de leur commandant, après avoir subi de lourdes pertes au combat. Une mutinerie qui se produit alors que les pertes russes se multiplient et que le régime de Poutine peine à faire taire toute contestation anti-guerre.

mardi 29 mars

Un char dans la ville de Bucha le 3 mars 2022 / Aris MESSINIS / AFP

La semaine dernière, après avoir subi des pertes très lourdes au combat, des soldats russes ont délibérément roulé sur leur commandant en tank, écrasant ses jambes sous l’appareil. Un acte de mutinerie révélé par le journaliste ukrainien Roman Tsymbaliuk mercredi 23 mars et confirmé par divers médias. La vidéo de l’acheminement du colonel blessé à l’hôpital a été partagée par le dirigeant Tchétchène Ramzan Kadirov, proche allié de Poutine.

Selon plusieurs journaux, le pilote du tank « blâmait le commandant du groupe, le colonel Yury Medvedev, pour la mort de ses amis ». « Après avoir choisi le moment opportun durant le combat, il a roulé sur le commandant, écrasant ses deux jambes » explique ainsi dans un post Facebook le journaliste Roman Tsymbaliuk. D’après lui, l’unité de plus de 1500 hommes, qui combattait à Makariv, à l’Ouest de Kiev, a perdu brutalement « environ 50% de ses effectifs ».

L’invasion brutale de l’Ukraine par l’armée de Poutine s’enlise, bien loin du blitzkrieg des premiers jours, et les pertes se multiplient dans l’armée russe, atteignant selon les estimations de l’OTAN 7000 à 15 000 morts le 23 mars ou 9 861 le 20 mars selon la Komsomolska Pravda, journal proche de Poutine citant le ministère de la défense, bien qu’il ait ensuite supprimé et démenti cette information. Face à cette situation, le militarisme grand-russe de Poutine pourrait se retrouver confronté à de plus en plus de résistance, de désertion et de mutineries de la part de la base de son armée.

Ainsi, le New York Times rapporte d’après le Pentagone des sabotages par les troupes russes de leurs propres véhicules afin d’éviter le combat ainsi que des redditions massives. Le journaliste Roman Tsymbaliuk fait également état sur Facebook de plusieurs unités russes refusant d’aller au combat.

S’il n’existe pas d’information vérifiée pouvant laisser penser que la mutinerie contre le colonel Medvedev soit le reflet d’une dynamique plus importante, les rébellions au sein de l’armée russe pourraient être un phénomène progressiste aux côtés des grèves et manifestations anti-guerre en Russie. De fait, l’invasion par Poutine de l’Ukraine continue de plonger le pays et ses habitants dans le chaos, avec un nombre difficilement quantifiable de victimes civiles et plus de 3.6 millions d’ukrainiens ayant dû quitter leur pays. Dans ce sens, face à cette invasion brutale, mais au bellicisme de la classe politique et de l’OTAN, l’urgence est à la constitution d’une résistance anti-guerre aux mains des travailleurs, suivant l’exemple des cheminots Biélorusses bloquant par des sabotages les ravitaillements de l’armée russe en Ukraine.



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